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		<title>Geneviève Paris point com | Le blogue</title>
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		<description>Blogue de Geneviève Paris</description>
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         <title>Les pétales jaunes de Panarea</title>
         <link>http://www.genevieveparis.com/article_petales_jaunes.html</link>
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         <pubDate>Sun, 09 Feb 2014 10:10:11 GMT</pubDate>
         <description><![CDATA[<p>Maman est morte quand je suis née. Comme je ne l'ai pas connue, je n'ai pas de chagrin. Je regarde parfois des photos dans la chambre de papa : c'est une belle étrangère aux cheveux longs qui me sourit. Ses yeux sont aussi bleus que la mer, ici, à Panarea, en Sicile, où je vis avec papa qui n'a jamais voulu retourner en France. Maman est enterrée à Stromboli ; une tombe entre les hautes herbes qui cachent les fleurs que papa dépose chaque semaine. De belles roses jaunes qui respirent la mer au loin avant de se faner, laissant leurs pétales flotter dans l'eau croupie qui sent l'œuf pourri. Je tiens papa par la main et je ne ressens rien. Maman est sous terre et je n'ai du chagrin que pour les pétales de roses jaunes.</p>
			<img src="articles_imgs/small/rose-jaune.jpg" width="360" height="270" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size:11px; text-align:left">Pétales de rose jaune | Photo: Awyatt / Flickr</span><br /> 
			<!--Start story-->
         <p>J'ai grandi trop vite sur cette île où personne ne fait vraiment attention à moi. À la réception, je donne les clés et le courrier aux clients de l'hôtel. Parfois je monte les télégrammes jusqu'aux chambres. Je n'ai pas le droit d'y entrer. Juste sonner, ou glisser le pli sous la porte. Seul Matheo m'aime bien, mais il est très vieux, et n'a plus l'âge de jouer ou de courir avec moi. Il m'offre des poupées que je cache sous mon matelas. Son uniforme est toujours impeccable, et tout le personnel de l'hôtel tremble quand il fait sa grosse voix. Papa vit la plupart du temps dans sa chambre, une suite au dernier étage avec vue sur la mer où il ne se baigne jamais. Depuis que maman est morte, papa ne fait plus rien, à part boire du vin blanc et me gronder comme si j'étais à ce point désobéissante. Pourtant je le regarde avec douceur, même quand il est en colère. Si maman est morte, c'est à cause de moi. Je l'ai deviné toute seule. Si je n'étais pas venue au monde, papa et maman seraient repartis vivre en France et je n'aurais pas à donner les clés à des clients qui font autant attention à moi que la poussière sous un meuble. Le mercredi, Mme Agostino m'apprend l'italien, l'histoire, les mathématiques et la géographie. Cette vieille bique a une voix aiguë, qui me fait penser à un ongle griffant le tableau. Je m'applique sur mes leçons pour ne pas entendre les grognements de papa qui m'a pourtant promis un vélo pour mes dix ans si je retiens tout. Mme Agostino n'a pas d'enfant et elle n'en veut pas. Elle dit que ça coûte trop cher. Et elle regarde ma chambre comme si je ne la méritais pas. Le soir, j'aime bien m'asseoir sur la terrasse et fixer le volcan. Si j'avais une baguette magique, je le réveillerais et toute sa lave ferait disparaître notre île et moi avec. Des fois, je parle aux buses qui se posent sur la rambarde de ma terrasse. Je leur dis que je m'appelle Alice, je leur demande si elles veulent bien être mes amies. Je ne sais pas si les oiseaux ont des oreilles. Parfois la buse incline sa tête comme si elle était mon amie, mais elle s'envole aussitôt et moi, je ne sais pas voler. Je joue aussi avec les poupées que Matheo m'a offertes. Je leur lave les cheveux avec le shampoing de l'hôtel, celui dont je devrais me servir plus souvent d'après Mme Agostino qui dit que mes poupées sont plus propres que moi. </p>
<p>Ce matin, j'ai donné deux nouvelles clés à Mme de Valère et à son fils, Solal. La 27 et 28, deux chambres communicantes. Solal s'est retourné avant de disparaître dans l'ascenseur et m'a sourit. Je n'ai pas trop l'habitude. Matheo qui a des yeux dans sa poche m'a fait un clin d'œil et m'a dit : « Fais-t-en un ami ». En fin d'après-midi, Solal est descendu à la réception et m'a demandé si je voulais bien me promener avec lui. Matheo a dit oui avec la tête et je suis sortie avec Solal. À Panarea, il fait toujours beau. Les rues sont blanches et la chaleur écrasante. Personne ne s'y promène à part les chats. J'ai dit à Solal que nous étions des chats et cela n'a pas eu l'air de l'étonner. J'entendais nos pas sur le sol et la voix de Solal qui voulait tout connaître de moi. <br />
  &mdash;&nbsp;Maman est morte quand je suis née. Papa boit du vin blanc. À l'hôtel, je donne les clés et le courrier. La buse est mon amie. Matheo et ses poupées aussi. Voilà, tu sais tout. <br />
  &mdash;&nbsp;Moi, papa est mort d'un cancer. Maman boit trop de Champagne. Je vais à l'école Notre-Dame Saint-Roch à Paris. J'ai des tas d'amis, je t'apprendrais. Voilà, tu sais tout. </p>
<p>Je me suis arrêtée pour ne plus entendre mes pas. J'ai regardé Solal. Ses yeux étaient aussi bleus que ceux de maman en photo. Il portait un short et une chemise blanche trop grande pour lui, une chemise de papa. Ses cheveux étaient coupés en brosse, ses oreilles petites ; je m'étonnais qu'elles entendent quoi que ce soit.<br />
  &mdash;&nbsp;Comment tu sais que j&rsquo;ai besoin d&rsquo;amis&nbsp;?<br />
&mdash;&nbsp;Je l&rsquo;ai su tout de suite à tes yeux. Ils sont tristes.</p>
<p>J'ai repris la marche. Solal a pris mes petits doigts dans les siens et je me suis laissé faire. C'était comme si je tenais le soleil par la main. Tant pis si ça me brûlait de partout. En bas de la rue, nous sommes arrivés à la plage ; nous ne pouvions aller plus loin. J'aurais aimé marcher sur l'eau avec Solal et disparaître avec lui de l'autre côté de l'horizon. Mais Solal a fait demi-tour et nous sommes retournés à l'hôtel. Le soir, j'ai dîné seule dans ma chambre, et je suis allée embrasser papa avant de me coucher. Je l'ai trouvé allongé sur le canapé, sa bouche grande ouverte, en caleçon et tee-shirt, une bouteille de vin blanc à la main, serrée contre lui comme un doudou. J'ai refermé sa bouche et attrapé la bouteille que j'ai rangée à côté des autres. Puis j'ai déposé un baiser sur son front et j'ai dit : « Bonne nuit papa ». Je me suis assise sur ma terrasse et j'ai sifflé mon amie la buse. Elle est apparue dans le noir et s'est agrippée à la rambarde. Je lui ai parlé de Solal et de son papa mort et la buse a incliné sa tête comme si elle comprenait tout.</p>
<p>Le matin suivant, Louise de Valère m'a demandé au téléphone de monter dans sa chambre. Je lui ai répondu que je n'avais pas le droit d'entrer dans les chambres des clients de l'hôtel. Matheo a fait sa grosse voix et j'ai ajouté qu'on venait de me donner l'autorisation de la rejoindre. Sa chambre était aussi grande que la mienne et donnait sur le volcan Stromboli. La maman de Solal a commandé un chocolat chaud que j'ai bu sans rien dire. Je sentais son regard sur moi, très doux, comme un papillon qui hésitait à se poser et voletait tout autour de moi. <br />
  &mdash;&nbsp;Solal m'a dit que tu étais une petite fille étonnante.<br />
  &mdash;&nbsp;Je n'ai rien d'étonnante, Madame. Ah si ! Peut-être : je parle aux buses. <br />
  &mdash;&nbsp;Comment ça, tu parles aux buses ?<br />
  &mdash;&nbsp;Ce sont mes amies, Madame.<br />
  &mdash;&nbsp;Appelle-moi Louise. <br />
  &mdash;&nbsp;Je vais essayer, Madame.</p>
<p>Une odeur douce montait en moi et me chatouillait les narines. Un parfum à la fois sucré et fleuri. Peut-être était-il enfermé dans un de ces flacons que j'apercevais sur la table basse. Ce pouvait être, aussi, une odeur de maman. Après tout, je n'en savais rien. La main de Mme de Valère s'est posée sur mon bras. <br />
  &mdash;&nbsp;Ton père accepterait-il que tu dînes avec nous ce soir ? <br />
  &mdash;&nbsp;Je ne sais pas, Madame. Je vais demander à Matheo.<br />
  &mdash;&nbsp;Pourquoi pas à ton père ?<br />
  &mdash;&nbsp;Parce qu'il ne sait pas me dire oui.</p>
<p>Et je me suis enfuie. J'ai marché longtemps sans savoir où j'allais. Je pensais à Matheo qui allait me disputer en rentrant. J'ai su en traversant toutes les ruelles de Panarea que mes pas me conduiraient au port. J'ai pris un bateau jusqu'à Stromboli et je suis allée voir maman. C'était la première fois que je m'y rendais seule. J'avais en tête le parfum obsédant de Mme de Valère, mais il s'effaçait dans ce paysage d'herbes hautes et d'eau croupie qui sentait l'œuf pourri. J'ai fermé les yeux sur quelque chose de beau, ses yeux bleus, comme ceux de Solal, et j'ai dit à voix haute&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;prends-moi dans tes bras&nbsp;&raquo;. Le vent s'est levé au même moment et m'a enveloppé dans son souffle tiède.</p>
<p>À l'hôtel, Matheo ne m'a pas disputé. Il m'a dit :<br />
  &mdash;&nbsp;Fais-toi belle. Mme de Valère t'attend à vingt heures. Ton père est d'accord.</p>
<p>Sur mon lit m'attendait un carton aussi grand que moi, avec un petit mot accroché par un bout de scotch. J'ai reconnu l'écriture de papa, toute de traviole, comme si elle buvait autant que lui. Le mot disait : « Pardonne-moi. Ton père. » Dans le carton, il y avait une robe de princesse trop belle pour moi. C'est à peine si j'osais la regarder. Quant à la toucher ! Mes mains étaient trop noires. J'ai disparu dans la salle de bain. J'ai frotté comme si je voulais disparaître sous l'eau et le savon. J'ai même lavé mes cheveux mieux que mes poupées. Une fois la robe sur moi, j'ai osé me regarder dans le miroir, derrière la porte. J'ai fait un bond en arrière. Et je me suis rendue chambre 27, pieds nus. Solal m'a ouvert la porte. J'ai vu dans ses yeux bleus que la robe lui plaisait, et mes pieds nus aussi. La table était dressée sur la terrasse, avec nappe blanche, porcelaine, argenteries et verres à pied. Je ne me souviens pas du contenu des assiettes, ni de tout ce qu'on s'est dit ce soir-là, Louise de Valère, Solal et moi. Il me semble que mon amie la buse s'est posée un instant sur la rambarde, puis elle s'est envolée, rassurée par mes nouveaux amis. C'est au dessert, une tarte au chocolat toute fondante au-dedans, que Louise m'a annoncé qu'elle repartait en France le lendemain matin avec Solal. J'ai laissé la petite fourchette suspendue au-dessus de ma bouche et le chocolat a coulé sur ma robe de princesse. J'aurais voulu que les buses m'emportent dans la nuit noire et me lâchent au-dessus du volcan pour disparaître à jamais.<br />
  &mdash;&nbsp;Ne t'inquiète pas, m'a dit Louise. Bientôt, tout va changer pour toi.</p>
<p>Je n'ai pas osé lui dire que bien sûr, tout allait changer après leur départ. Comme les petites lumières qui s'éteignent les unes après les autres sur l'ile d'en face, quand tout le monde dort, à part moi. <br />
  &mdash;&nbsp;Ne fait pas cette tête, ma petite, a insisté Louise. Je suis la sœur de ta maman et je lui ai fait une promesse que je vais tenir.<br />
  &mdash;&nbsp;Quelle promesse ? j'ai demandé du bout des lèvres, tout en cachant la tache de chocolat et le mot maman dans les replis de ma robe de Princesse.<br />
  &mdash;&nbsp;Celle de veiller sur toi. Je l'aurais fait plus tôt si je n'avais pas dû rester auprès de l'homme que j'aimais qui s'éteignait un peu plus chaque jour.<br />
  Solal a soufflé toutes les bougies sur la table et s'est caché dans l'obscurité. J'ai respiré très profondément et j'ai demandé : « elle était belle, n'est-ce pas ? »<br />
  &mdash;&nbsp;Oui, a répondu Louise. Et aussi sauvageonne que toi. Une vraie tête de mule.<br />
  J'ai senti la main de Solal dans la mienne et le sourire de Louise m'a avalé toute entière. Ici, à Panarea, les mules transportent les bagages des clients de l'hôtel. Une vraie tête de mule. Et moi, qui voudrait bien prendre tous mes bagages et m'emmener loin d'ici?<br />
  &mdash;&nbsp;Tu vas venir nous voir à Paris cet hiver, m'a dit Louise qui lisait mes pensées. Et crois-moi, ton père va te surprendre à partir de maintenant. Ce matin, nous avons eu, ensemble, une très longue conversation. La robe est juste un nouveau départ entre vous deux. </p>
<p>À ce moment-là, j'ai pleuré longtemps. Jamais je n'aurais pu imaginer que j'avais autant de larmes en moi. J'ai senti les bras de Louise et de Solal qui se refermaient sur moi et c'était encore plus doux que le vent de Stromboli.</p>
<p>Je ferme les yeux un instant. Le visage de Solal apparaît, avec ses yeux bleus comme ceux de maman. Il est parti avec sa mère si tôt le lendemain matin, que je ne les ai pas vus reprendre le bateau. Le mercredi suivant, Mme Agostino n'est pas venue à l'hôtel. Papa m'a dit le jour même qu'elle ne reviendrait plus et que dorénavant ce serait lui qui me donnerait les cours. Je n'ai pas eu à m'appliquer car entendre papa me parler de mathématiques relevait pour moi de la magie. Me parler tout court. J'ai tout retenu d'un coup. Et pas une seule fois, je n'ai pensé au vélo, promis pour mes dix ans. Le soir, on a dîné dans un petit restaurant de Panarea. La première fois, avec papa. Je portais la robe de princesse, sans la tache de chocolat. Pourtant, il me semblait que le mot maman s'y cachait encore. J'avais mis des ballerines pour qu'il ne grogne pas. Ma main dans la sienne, immense, avait disparu. On a commandé du poisson. Le serveur a proposé la carte des vins et papa a répondu : « Non, merci. Une grande bouteille d'eau plate, s'il vous plaît. » J'ai regardé au loin le volcan endormi. J'étais heureuse de ne pas avoir eu de baguette magique pour le réveiller. Papa m'a dit doucement&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;Tu lui ressembles tant&nbsp;&raquo;.</p>
<p>La vie, enfin, commençait. </p>
<p>Peut-être même que papa acceptera de me parler encore de cette belle étrangère aux yeux bleus et alors, j'aurai du chagrin et ce ne sera plus pour les pétales de roses jaunes. Et je raconterai tout à mon amie la buse, en attendant de retrouver Louise et Solal cet hiver, à Paris, où nous fêterons tous Noël ensemble, avec un sapin immense et des tas de cadeaux. Les cadeaux, en fait, je m'en fiche. Tout comme le vélo pour mes dix ans. Le plus beau cadeau me regarde chaque jour comme s'il me voyait pour la première fois. Et cet hiver, nous quitterons l'ile ensemble pour nous retrouver tous en famille. Bien sûr la belle étrangère aux yeux bleus ne sera pas avec nous, mais je sais que je ne pourrais plus voir de pétales sans penser à elle, surtout depuis que papa m'a dit qu'elle adorait marcher pieds nus et parler aux buses, tout comme moi.</p>
<p><br />
  Gilles Paris<br />
  Dernier roman paru : <a href="http://www.gillesparis.net/lucioles_presentation" target="_blank"><em>L'Été des lucioles</em></a> (Héloïse d'Ormesson – janvier 2014)</p>]]></description>
        </item>
		<item>
			<title>Un kangourou en prison</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/article_kangourou_en_prison.html</link>
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			<pubDate>Mon, 27 May 2013 18:10:11 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <p>Dans le cadre d'un programme de lutte contre l'illettrisme, &laquo;&nbsp;Lecture pour tous&nbsp;&raquo;, la mairie de Nice m'a invité à rencontrer les écoles, collèges, hôpitaux et prison de cette belle ville du sud de la France. Je ne m'attarderai pas sur les petits et moins grands à qui j'ai raconté mes livres et mon parcours, devant leurs bouilles réjouies et leurs questions rafraîchissantes, et le regard bienveillant d'Élisabeth qui a tout organis&eacute;. Quelques élèves ont même joué le début d<em>'Autobiographie d'une Courgette</em>, remplaçant le révolver par un couteau en mousse. J'ai dû fondre comme glace au soleil sous leur jeu enfantin, suivant à la lettre les mots de Courgette, ce petit garçon qui tue sa mère accidentellement avant d'être placé en maison d'accueil. Pour ceux et celles qui ne l'ont pas lu, paradoxalement, Courgette y trouvera l'amour qui lui a manqué enfant, auprès des éducateurs, des autres enfants et d'un gendarme au c&oelig;ur tendre. </p>
			<img src="articles_imgs/small/courgette-ours_sm.jpg" width="262" height="343" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size:11px; text-align:left">L'ourson géant et débraillé de l'h&ocirc;pital <br />des enfants malades | Photo: Gilles Paris</span><br /> 
			<!--Start story-->
         <p>Dans les hôpitaux, les enfants malades m'ont déchiré l'âme. J'ai fait le fier, celui qui sait, mais je ne savais rien et j'ai surtout regretté de ne pas avoir de baguette magique pour faire valser les pansements et tous les bobos de l'intérieur, ceux qui ne se voient pas, et font si mal, presque autant qu'à moi. En sortant, j'ai photographié un ours en peluche géant et débraillé, trônant sur le comptoir de l'hôpital, comme le symbole si fragile de ce que je venais de vivre.</p>
<p>Pour la maison d'arrêt de Nice, j'avais transmis en amont une photocopie de mon passeport. Me voici devant une porte rouge qui pourrait ressembler à un immeuble cossu du boulevard Haussmann à Paris. Une sonnette et nous voilà à l'intérieur, Jacques, Stéphane et deux autres personnes qui m'accompagnent comme des gardes du corps. Du c&oelig;ur, devrais-je dire, car ils prennent soin de moi.</p>
<p>Je me suis fait toutes sortes de films en amont. Une insurrection des prisonniers va nous obliger à nous réfugier dans une cellule où un gros malabar va nous regarder comme un panier de friandises. Mon passeport à un chiffre prêt ressemble à celui d'un dangereux bandit et un policier trop zélé va me trouver une nouvelle chambre exiguë pour finir la nuit avec cinq voisins tatoués aux mines patibulaires.</p>
<p>Je remarque que la parité fonctionne à la maison d'arrêt de Nice. Derrière chaque guichet, une femme policière examine notre requête avant de nous faire franchir une grille. La peinture s'écaille au plafond et sur les murs. Une grenouille en céramique précise l'entrée des douches. J'entre dans un amphithéâtre où m'attendent déjà une quinzaine d'hommes et Pascal, le formateur au visage rassurant que je ne quitterai pas des yeux pendant la rencontre. Ce n'est pas la peur qui me suspend à son regard, mais une vieille habitude dans les rencontres, où qu'elles soient, de trouver un visage avenant dans lequel je puise la force de poursuivre. La seule appréhension que j'ai est d'être face à un public d'hommes. Ils ne lisent pas de romans habituellement. Ou si peu. Ils préfèrent les polars, les essais, les matchs de foot ou de hockey.</p>
<p>Les miens se sont réfugiés en haut de l'amphithéâtre. Je leur demande de s'approcher. Je vois bien la chaise et la table qui sont là pour moi, mais je n'en veux pas. Je resterais devant eux. Mon regard planté en chacun d'entre eux. Mon couteau est en mousse, comme celui de la représentation théâtrale du collège de Nice. Comme beaucoup d'écrivains, je suis très curieux. J'aimerais savoir pourquoi ils sont là. Ce qu'ils ont fait. Mais à quoi cela me servirait-il ? Ne rien savoir, justement, fait d'eux des lecteurs comme les autres. Je les trouve particulièrement calmes. Posés. J'imaginais de la colère, peut-être de l'amertume et - pourquoi pas-, me faire un peu bousculer verbalement, moi l'homme du dehors.</p>
<p>De temps à autre, la seule fenêtre, tout en haut de l'amphithéâtre, claque comme un rappel. Je perds la notion du temps. Je ne me souviens pas de leurs vêtements. Mais de leurs regards à tous, dans le mien, tandis que nous parlons ensemble de mes romans. L'un d'eux me montre la couverture d<em>'Autobiographie d'une Courgette</em>, version J'ai Lu. Il ne comprend pas le poisson sur le mobile au-dessus du bras de l'enfant. Tous les autres symboles, le ballon, le gendarme, la pomme, la poule, la télévision et le bonbon sont bien dans le livre, mais pas le poisson. Je n'en reviens pas. Pas un lecteur, avant lui, ne m'avait fait remarquer ce détail. Puis il poursuit : &laquo;&nbsp;Dans <em>Au pays des kangourous</em>, j'ai remarqué cette phrase: Un mois. Quatre semaines. Cent vingt jours. Ça fait long.&nbsp;&raquo;. L'homme me regarde : &laquo;&nbsp;Vous vous êtes trompé ?&nbsp;&raquo;. Bien sûr, les enfants, eux, allongent le temps. Pour Simon, le petit héros de ce roman, l'absence de son père lui pèse. Alors cent vingt jours ça fait un mois. Mais pas pour mon lecteur. Qui l'en blâmerait ?</p>
<p>Parce qu'on parle tous ensemble de ce roman, j'évoque en quelques mots mes années difficiles, celles où j'ai connu la dépression et les hôpitaux psychiatriques qui m'ont donné l'envie, dix ans plus tard, d'écrire un roman à la fois grave et léger sur ce thème. Je ne m'y attarde pas. Cela n'a rien à voir avec l'endroit où je suis. Une pudeur naturelle. Mais j'essaye de leur donner quelque chose de moi. Un autre lecteur d'une voix douce, si basse que je dois tendre l'oreille, dit combien l'écriture lui fait du bien. Il ne veut rien montrer. Il écrit dans sa cellule, et même son voisin ne peut en profiter malgré ses demandes régulières. Mon lecteur est en prison depuis un certain temps. Il vient d'un pays en guerre où il n'a pas eu d'enfance. Il a eu tout le temps pour réfléchir au mal qu'il a fait autour de lui. Alors il écrit. Pour lui. Peut-être aussi pour sa femme et ses enfants. Le silence qui suit sa confession est aussi léger qu'un vol de papillons. Je ne peux pas dire ce qu'en pensent tous mes lecteurs, Pascal, et mes gardes du c&oelig;ur. Moi, je ressens un instant rare. C'est peut-être pour lui que je suis venu dans cette maison d'arrêt à Nice. On est sorti du cadre de la rencontre. Ou plutôt, l'échange a eu lieu. Un écrivain qui ne parlerait que de ses romans en serait-il un, finalement ? Écrivain, n'est-ce pas s'intéresser avant tout à l'autre ?</p>
<p>Bien sûr, parfois, de passeur d'émotions, je deviens voleur de mots et de regards. Dans mes romans, entre les virgules et les points de suspension, j'intercale des souvenirs plus ou moins inconsciemment. Un jour, probablement, je parlerai d'eux, les hommes du dedans. Je quitte l'amphithéâtre à regret. Comme je quitterais un salon du livre ou une librairie après des moments d'échanges qui me nourrissent de l'intérieur. J'ai oublié qu'il s'agissait de l'amphithéâtre d'une prison. J'étais avec des lecteurs, des hommes en plus, qui connaissaient mes romans comme peu, finalement. Et peut-être qu'eux aussi ont oublié cet amphithéâtre. Pas autant que moi, certainement. Facile pour moi de dire ça, l'homme du dehors. Eux, sont probablement retournés à leurs cellules, ensuite. Ou ils sont restés un moment avec Pascal, le formateur, qui a préparé cette rencontre avec eux, pour évoquer leur <em>ressenti</em>.</p>
<p> J'aurais aimé être une petite souris pour me faufiler entre les grilles et retourner à l'amphithéâtre à ce moment-là. Je récupère mon portefeuille et mon portable dans le casier où Stéphane a glissé un euro, ainsi que mon passeport à l'entrée, où je rends le badge de visiteur. La porte rouge se referme derrière nous. Dehors, je respire le bon air de Nice, et une cigarette qui m'a fait défaut à l'intérieur. Une voiture m'emmène à l'aéroport, je rentre sur Paris. Les hommes du dedans, eux, sont restés en prison, pour des peines dont j'ignore tout. C'est leur calme qui m'a le plus impressionné. Et bien sûr, leur lecture de mes romans. J'ose imaginer qu'ils se sont évadés en me lisant. Peut-être même que mes narrateurs de neuf ans ont fait remonter l'enfant qu'ils ont été à cet âge. Peut-être. Mais malgré la seule fenêtre qui claquait de temps à autre, de savoir que j'étais dans une maison d'arrêt, et que mes lecteurs étaient des prisonniers, je n'ai jamais eu, le temps de cet échange le sentiment d'être justement avec des prisonniers dans une maison d'arrêt. J'étais avec des lecteurs, des hommes qui avaient abandonné, pour une fois, les polars, les essais, les matchs de foot et de hockey. Et j'étais bien avec eux.</p>
<p><br />
  Gilles Paris<br />
  Dernier roman paru : <em><a href="http://www.gillesparis.net/courgette_presentation" target="_blank">Autobiographie d'une Courgette</a></em> (Étonnantissimes ! – Flammarion – avril 2013), une version augmentée et illustrée par Charles Berbérian.<br />
  A paraître : L’été des lucioles (Héloïse d’Ormesson – janvier 2014)</p>

]]></description>
		</item>
		<item>
			<title>Paradis perdus et autres nostalgies</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/article_paradis_perdus.html</link>
			<guid isPermaLink="true">http://www.genevieveparis.com/article_paradis_perdus.html</guid>
			
			<pubDate>Mon, 15 Apr 2013 18:10:21 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <p>On peut très bien avoir deux pensées simultanées et contradictoires. Ça m'est arrivé pas plus tard que la semaine dernière, en ouvrant la porte du frigidaire. Le frigo est secondaire, il n'a pas rapport, mais de par sa porte ouverte sur mes deux pensées, il y sera toujours associé. </p>
			<img src="articles_imgs/small/cone_ombre_small.jpg" width="360" height="360" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size:11px; text-align:left">Cône d'ombre | Peinture : Normand Besner</span><br /> 
			<!--Start story-->
         <p>On a cette tendance à noter des objets dont la seule importance est leur présence connexe à un événement marquant. J'ouvre la porte du frigidaire, j'ai deux pensées contradictoires et simultanées, puis je prend la crème à café et referme la porte. Je vous donne ici mes deux pensées. Je ne bois plus d'alcool depuis environ 15 ans. J'avais besoin, à l'époque, d'avoir toute ma tête, d'être extra-lucide, si j'ose dire. Et pour ce faire, j'ai arrêté toute consommation. Puis j'ai noté plusieurs bénéfices secondaires à cette sobriété, mon degré d'énergie et mon moral tous deux à la hausse, aussi je dormais bien mieux. Alors je n'ai jamais recommencé. Et en ouvrant la porte du frigidaire la semaine dernière, j'ai pensé ceci : &laquo;&nbsp;je pourrais prendre un verre avec des amis quand je veux, j'ai le contrôle total // je ne prendrai plus jamais un seul verre d'alcool de ma vie&nbsp;&raquo;. Ces deux pensées sont tout à fait valides, même si l'une semble exclure l'autre. Je précise, la pensée numéro un n'est absolument pas le garde-fou de la deuxième. Je ne me rassure pas avec un <em>quand je veux</em> avant d'énoncer un <em>jamais</em>. Il n'y a pas de cause à effet parce qu'il n'y a pas d'avant ou d'après, rappelez-vous, ces deux pensées sont simultanées. J'assume la contradiction.</p>
<p>J'escalade des himalayas, je traverse des océans, j'espère encore et toujours l'inespéré, l'inespérable. Et cependant, simultanément, je sais que quoi que je fasse, rien ne changera le cours des choses. Je me bats depuis toujours contre l'idée de destinée, d'inexorable et autres prisons, mais je dois dire, parfois, je me sens un peu comme Don Quichotte, les moulins en moins. Voler contre le vent ou nager à contre-courant pour reprendre le contrôle de ma destinée est épuisant. La seule survie possible est de trouver une façon de recycler l'énergie de base. Ainsi, lorsque nécessaire, je pourrai trouver un second souffle à partir de rien ou presque. Je sais ce qui m'aide. La musique, l'art en général. Je fais le plein en quelque sorte. La nature aussi, toutes formes de beauté. Les arbres. J'aime, j'adore les arbres, véritablement. L'océan toujours. Et bien sûr, mes amis.</p>
<p>Ayez des amis! non vraiment, ayez des amis. Les miens m'étonnent toujours. Je n'en ai pas beaucoup, mais ceux que j'ai sont extraordinaires. Pas plus tard qu'hier, j'étais en grande conversation - mon sport favori comme vous pouvez deviner - avec une bonne amie et sa maman. On parlait des périodes néfastes, des gens qui n'ont vraiment pas de chance, à répétition, des passes où non seulement le ciel vous tombe sur la tête mais il retombe, encore et encore. Je disais que je me bats contre cette idée de destinée, d'inexorable, mais que parfois autant de hasards, autant de coïncidences, il est difficile de ne pas croire qu'il y a une raison, une logique derrière tout ça. Mon amie de dire &laquo;&nbsp;Tu parles de statistiques, là. Pense à la probabilité incroyable, au pourcentage de chance hautement improbable mais nécessaire pour tout ce qui ne t'est pas arrivé aujourd'hui&nbsp;&raquo;. Bon, vu comme ça...</p>
<p>Ça commencera par une panne d'internet. Au début, panique, j'ai sans doute raté des courriels importants. La panne est généralisée, réparations de la boîte du câble dans le quartier, alors pas de téléphone non plus. Au bout d'une petite demi-heure, un certain calme s'installe. Vraiment, la paix. Je me souviens, il n&rsquo;y a pas si longtemps, avant l'internet, on était beaucoup moins rejoignables que maintenant. Attendez, avant les répondeurs téléphoniques, avant les boîtes vocales et les mises en attente, quand on n&rsquo;était pas là, il fallait nous rappeler. Avant l'internet, le courrier était pas mal plus sympa que maintenant. Outre les factures et autres courriers administratifs, il y avait des lettres et des cartes postales. La plupart du temps, si on voulait parler à quelqu'un, on se déplaçait. On allait lui parler. On envoyait et on recevait de jolies cartes pour les anniversaires ou d'amis en vacances. Je devrais arrêter de me plaindre, l'internet, je travaille avec. Mais une panne d'internet ou d'électricité de temps en temps, mon Dieu que ça fait du bien! Ce silence réparateur... </p>
<p>J'ai un bon ami qui a engagé un architecte pour insonoriser sa maison. Pas des bruits extérieurs, mais bien de l'intérieur. Tout ce qui bipe, buzze, gronde ou grommelle, bref tout ce est électrique est insonorisé d'une façon ou d'une autre. Par exemple, le chauffe-eau est derrière une porte matelassée. Vous entrez chez lui, et au bout d'une demi-heure vous vous sentez étrangement calme. J'ai oublié de vous dire, cet ami est musicien, et pour la plupart des musiciens, le silence est primordial. Il y a de ça quelques petites années, seuls les camions en reculant bipaient. Maintenant tout bipe. Ma ceinture de sécurité dans l'auto quand je ne l'attache pas (cinquante bips, j'ai compté), le frigo si la porte reste ouverte, pensées contradictoires ou pas, le téléphone, le four quand il est préchauffé ou la minuterie à la fin de son cycle, la machine à laver, mon agenda à une demi-heure d'un rendez-vous, tout bipe. Un jour, je vais verser de la crème dans mon café et ça va biper parce que la crème dans le café, c'est pas bon pour la santé, qu'ils disent.</p>
<p>Remarquez néanmoins ceci : quand l'électricité revient après une longue panne, on est contents parce que les choses reviennent à la normale, mais simultanément, on se sent un peu déçu. Simultanément, on ressent ce sentiment flou et diffus d'un paradis perdu. Il est aussi vrai que la plupart du temps, la nostalgie, celle qui repeint le passé comme bon lui semble, fausse tout.
</p>

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		</item>
		<item>
			<title>Une Courgette en Corse</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/article_cougette_en_corse.html</link>
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			<pubDate>Mon, 15 Apr 2013 17:50:21 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <p>Les écrivains sont souvent gâtés. Je reçois par Facebook l'invitation d'une association, Musanostra, qui souhaite organiser une rencontre autour de mes trois romans, à Bastia. L'idée de fuir Paris, la capitale, - je ne parle pas encore de moi à la troisième personne, alors qu'il pleut chaque jour, n'est pas pour me déplaire. Et puis, péché mignon, j'adore aller à la rencontre des lecteurs. </p>
			<img src="articles_imgs/small/courgette240.jpg" width="240" height="343" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size:11px; text-align:left">Autobiographie d'une Courgette | Dessin : Charles Berbérian</span><br /> 
			<!--Start story-->
         <p>Je reçois un billet d'avion électronique par mail&nbsp;; une libraire de Bastia, Point de Rencontre, a commandé mes livres. Je décide d'ajouter le petit dernier qui n'est pas encore paru, une version augmentée et illustrée d'<em>Autobiographie d'une Courgette </em>à paraître le 17 avril aux Éditions Flammarion. Ce livre va entrer dans les écoles de France et être étudié par les petites têtes blondes. Je me réjouis de cette couverture jaune citron et de l'intervention du dessinateur de BD, Charles Berbérian qui a su mettre des images sur des mots sans qu'on ne se soit jamais vus. </p>
<p>Je range mes dix Courgette dans un sac en plastique au fond de mon sac à dos. Quand j'atterris à Bastia, le beau sourire de Marie-France m'accueille chaleureusement. Elle n'en revient pas que j'ai accepté de venir à Bastia. Ça tombe bien, je n'en reviens pas qu'elle m'ait invité. Marie-France est prof, ses partiels occupent tous les sièges de sa voiture. Elle m'emmène déjeuner au cœur de Bastia, dans le restaurant de Marie Ferranti, célèbre écrivain, couronnée par l'Académie Française, qui vit entre Bastia et Saint-Florent. C'est sa fille qui nous sert, souriante et fraîche, et nous faisons connaissance Marie-France et moi. Elle porte en elle l'amour des livres et connaît peu les règles de l'édition. Au diable les commerciaux et les attachés de presse, quand elle aime un livre, elle contacte l'écrivain sur Facebook. Pratique et direct. Carole Zalberg et Grégoire Delacourt sont venus avant moi. D'ailleurs c'est Grégoire, l'auteur, entre autres de <em>La liste de mes envies</em> (JC Lattès) qui lui a parlé de mes livres et lui a donné envie de m'inviter. Plus tard, &nbsp;j'enverrais un texto à Grégoire qui me répondra aussitôt, me traitant de <em>veinard</em>. Il fait beau sur cette place de l'Hôtel de Ville. Au café, une pimpante Nathalie m'embarque dans sa Mini, direction France Bleu Bastia pour un direct de vingt minutes. Le matin même <em>Corse Matin</em> a annoncé la rencontre qui doit se dérouler à 20h30. Marie-France se défend d'être une professionnelle, c'est avec cœur qu'elle reçoit les écrivains. Mais Marie-France a la pudeur des gens vrais. Elle est une professionnelle.</p>
<p>À l'issue de l'émission, elle me récupère et m'emmène chez Marie-Hélène qui va me loger pour la nuit. Sa belle maison est ouverte&nbsp;; il suffit de pousser la porte. Et ne comptez pas sur moi pour vous dire où elle est&nbsp;! Elle donne sur la mer qui n'intéresse pas Marie-Hélène. Prof également, mère de deux enfants, elle s'assure par texto que je sois bien arrivé et que je profite de sa maison comme si c'était la mienne. Je m'installe dans le salon et corrige le manuscrit de mon quatrième roman <em>L'été des lucioles</em> que je vais remettre à mon retour de Corse à mon éditrice, Héloïse d'Ormesson. Je flâne sur la terrasse qui fait le tour de la maison et profite des chats très intéressés par mon manuscrit sur lequel ils posent une patte de propriétaire. Marie-France passe me prendre, nous allons dîner avec son mari sur le port de Bastia, car après la rencontre, tout risque d'être fermé. La rencontre a lieu dans un café au nom exotique, Les Palmiers, où les lecteurs sont assis en arc de cercle, avec au milieu un poêle qu'on aurait bien fait sauter, mais il faut faire attention à ce qu'on dit, ici, à Bastia. Même si cette légende agace toutes ces dames qui me reçoivent. </p>
<p>Le concept de la rencontre est original. Une première partie est consacrée à la lecture que chacun des membres présents doit défendre devant l'assemblée. Parfois maladroit, souvent maitrisé, le plaidoyer des livres critiqués, anciens ou récents, donne envie de s'y plonger. La seconde partie est consacrée à mes trois romans. J'écoute les lectures qui ont été faites, dont une par Nathalie, mon accompagnatrice à France Bleu Bastia. Les échanges sont chaleureux. J'évoque à la fois mes romans et mon métier d'attaché de presse. Puis je parle de deux livres lus récemment, celui de Tatiana de Rosnay <em>À l'encre russe</em> (HdO) aux histoires emboitées comme des poupées russes, lu un dimanche de pluie, qui m'a emballé. Et le polar de Janine Boissard <em>Chuuut&nbsp;!</em> (Robert Laffont) à l'intrigue maitrisée et au dénouement délicieusement amoral. Je sors fumer une cigarette, puis je reviens pour les dédicaces. Mes dix Courgette partent en deux minutes. Une dame déçue me dit &laquo;&nbsp;je vous en aurais bien acheté plusieurs&nbsp;&raquo;. Je dessine ma petite vache sous mon nom, je demande les prénoms de ces dames et quelques messieurs. Je n'ai pas vu passer le temps, presque trois heures et demie aux Palmiers&nbsp;! Marie-France semble ravie du déroulement. On traîne un peu, on se raconte des souvenirs, le serveur bâille, il est temps de rejoindre la maison sur la mer. Marie-Hélène se confie, moi aussi, comme souvent avec des inconnus avec lesquels on se sent bien. Elle m'emmènera le lendemain matin à l'aéroport, laissant derrière moi une furieuse envie de retourner à Bastia. Quelques photos s'échangeront sur Facebook, puis la belle parenthèse de Corse se referme et je reprends ma vie de communiquant comme avant.</p>
<p>Comme avant&nbsp;? Je n'en suis pas certain. Cette Corse m'a donné un sacré coup de fouet juste avant de rendre mon manuscrit à l'éditeur. J'y ai fait de nouvelles corrections en lien avec mon séjour. Et je sais, qu'un jour, la Corse sera dans l'un de mes romans. Comment faire autrement&nbsp;? Ecouter, regarder, n'est-ce pas ce que fait avant tout l'écrivain que je suis, avant de s'en servir consciemment ou non dans ses romans&nbsp;?</p>
<p><br />
  Gilles Paris<br />
  Nouvelle édition de&nbsp;: <em><a href="http://www.gillesparis.net/courgette_presentation" target="_blank">Autobiographie d'une Courgette</a></em> Editions Flammarion</p>

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		</item>
		<item>
			<title>Épisode 12 : Terminer l'histoire par où elle recommence</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/blogue_11.html</link>
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			<pubDate>Mon, 25 Mar 2013 15:50:21 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <p>Je vous ai raconté cette histoire, de juin 2011 à juin 2012, l'histoire de la création de &laquo;&nbsp;7&nbsp;&raquo; et elle tire à sa fin. Au début mon intention était de ne pas oublier. On oublie tellement vite. Je devrais sans doute dire, j'oublie vite. Quand j'ai eu l'album entre les mains, il était déjà classé comme un événement du passé. Je suis tournée vers ce qui s'en vient, toujours. Et puis, au fil des épisodes, je me suis faite prendre pas le plaisir d'écrire et par l'idée d'aller vers vous, autrement que par les chansons. Je ne dis pas tout, mais ce que je raconte est vrai, je ne romance pas. Le reste est dans mes textes, vous pouvez certainement faire tous les liens maintenant que vous connaissez l'histoire.</p>
			<img src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/lancement_sm.jpg" width="360" height="240" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size:11px; text-align:left">Lancement de &laquo;&nbsp;7&nbsp;&raquo;  | Photo : © Simon Paradis</span><br /> 
			<!--Start story-->
         <p><strong>Texte de Danielle Liard</strong></p>
  <p>J'ai connu la musique de Geneviève avec son premier album. Ensuite, gros vide pendant des années, car avant qu'elle ne vienne s'installer à Montréal, moi aussi j'avais décidé de partir vers l'ouest. </p>
  <p>Ce n'est qu'en 1996/97 que j'ai retrouvé cette artiste, par la radio de la SRC, à Vancouver. À un moment difficile de ma vie, elle m'a apporté une touche d'humour comme seule elle sait faire, et un grand réconfort. Aussi simple que ça. Je me suis évertuée par la suite à rattraper mon retard en ce qui avait trait à sa musique, j'allais de délices en délices. Le directeur de l'école Anne-Hébert à Vancouver m'a donné un des albums qui me manquaient, j'ai commandé les DC, trouvé le livre par hasard en unique exemplaire là-bas, bref, j'ai parfait ma collection.</p>
  <p>Puis je suis revenue à Montréal, mais Geneviève ne chantait plus. Je l'avoue, je suis parmi les gens qui lui demandaient périodiquement si elle y reviendrait. Lorsque j'ai appris que oui, j'étais on ne peut plus contente. J'ai suivi les nouvelles qu'elle en donnait, et lorsqu'elle a annoncé la date du lancement, j'ai tout fait pour y être. Le midi de ce jour-là, elle était au Café Latina, qui n'est pas très loin de chez moi, alors j'y suis allée aussi. Enfin, après tant d'années, je la voyais et l'entendais en personne pour la première fois. Quel bonheur! Et en bonus, j'ai même rencontré Sylvie Tremblay, que j'avais connue comme artiste à cause d'un duo qu'elle et Geneviève avaient fait. Puis, en fin d'après-midi, le lancement officiel. je me suis évidemment procuré son nouveau disque, qu'elle m'a gracieusement signé. Tout ce que je souhaite, c'est que l'inspiration lui vienne d'en faire encore d'autres, son calibre musical et poétique m'a toujours énormément impressionnée. Merci Geneviève pour toute cette beauté.</p>
<p><strong>Texte de Ann Boisvert</strong></p>
  <p>Mercredi 8 février 2012 :&nbsp; LA LUNE</p>
  <p>Ce jour-là, en studio, elle enregistrait &laquo;&nbsp;Quelqu'un qui m'entende&nbsp;&raquo;.<br />
    Chanson sauvage qui écorche le coeur. Chanson propice à hurler à la lune.<br />
    Ce soir-là, elle était lumineuse, grandiose. </p>
  <p>De son balcon, elle a capturé le moment en photo.<br />
    L'image, devenue orangée, s'est transformée en toile de fond. </p>
  <p>La guitare, la voix et l'énergie ce jour-là étaient surnaturelles.</p>
  <p>Elle avait les doigts en feu.</p>
  <p>Ce feu que projetait la lune. Elle et la lune ne faisaient qu'une.<br />
    Lumineuses, majestueuses.</p>

]]></description>
		</item>
		<item>
			<title>Épisode 11 : Libérer le futur</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/blogue_11.html</link>
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			<pubDate>Wed, 13 Mar 2013 15:30:21 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <p>Février 2012 &ndash; Si vous avez déjà créé quelque chose d'important, je ne sais pas, un disque, un enfant, une fresque byzantine ou autre, vous comprendrez l'investissement que cela représente. On y met tout ce qu'on a. Et ce qu'on n'a pas on le trouve. Que ce soit la muse, le père ou les pinceaux, quand il faut, il faut. Je rentre en studio demain et étrangement je suis très calme. À bien y penser, pas si étrange que ça. Je me trouve devant deux choix, l'hystérie ou le calme, je choisis le calme.</p>
			<img src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/gene_studio_sm.jpg" width="360" height="274" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size:11px; text-align:left">En studio - février 2012 | Photo : Ghyslain Luc Lavigne</span><br /> 
			<!--Start story-->
         <p>Ce disque n'aurait jamais dû voir le jour. Un, j'avais quitté le métier et deux, le métier m'avait également quitté. Lorsque j'ai décidé de reprendre ma carrière, tout le monde était ravi, comme si un tort se redressait, ou comme si tout rentrait dans l'ordre des choses, mais ça s'arrêtait là. Toutes les portes étaient fermement closes. Me connaissant comme vous commencez à me connaître, ce n'était vraiment pas l'avis des autres qui allait me faire changer de chemin. Je m'arrangerai avec les conséquences lorsqu'elles se présenteront. J'en avais parlé un peu avec mon amie Marie. Elle m'a dit &laquo;&nbsp;Tu sais, je pense qu'il faut que tu libères le futur&nbsp;&raquo;. Ça c'est vraiment tout elle ce style de réflexion... Je comprends seulement maintenant ce qu'elle voulait dire. Il est souvent futile et presque paradoxal de modifier le présent pour accommoder un futur aléatoire. Mais sa façon de l'exprimer est beaucoup plus jolie et poétique que la mienne.</p>
  <p style="clear:both">Les partitions sont prêtes, les musiciens inspirés, le réalisateur et la chanteuse en <em>overdrive</em> et pour la première fois que je ne prémédite pas un son pour un album, je crois bien que j'en ai un. Je m'en suis aperçue le troisième jour à la ré-écoute des mp3 (j'ai failli dire des bandes... au moins, je n'ai pas pensé aux cassettes). On passera en tout une grosse semaine avec les musiciens au studio Piccolo à Montréal. Le dernier jour de studio, j'arrive avec une partition maison de la petite dernière toujours pas finie mais qui a passé l'examen d'entrée. J'ai un couplet et le refrain, ça suffira pour le moment. La chanson sonne comme une tonne de brique, elle parle fort, ce ne sera pas facile de coller un texte dessus. Surtout que je ne fais jamais ça. Je commence toujours par le texte, toujours. La musique me parle tellement et me vient de façon tellement naturelle, que tous les mots que j'essaie d'écrire dessus sonnent comme autant de pléonasmes. Il s'agit d'échos. Ou d'harmoniques. Un mot a seulement la force de ce qu'il suggère, pas de ce qu'il décrit. C'est également ainsi que la musique parle. </p>
  <p>J'ai beaucoup de chance. La connexion avec les gars, Marc, Sylvain, Dan, Justin et Ghyslain est immédiate. On parle tous le même langage. Une langue sans mots, mais combien riche. J'avais décidé de ne pas utiliser de claviers pour ce disque. Seulement des guitares, beaucoup de guitares, toutes sortes de guitares tenant de multiples rôles, des guitares douces, des guitares rythme, des guitares violons et des guitares voix. Marc avait amené ses propres guitares, sa Telecaster, quelques Boucher, uniquement, avait-il dit, pour le guider et l'aider à nous transmettre ses idées (nous parlons tous <em>guitare</em> ici) Finalement, il y aura beaucoup de la guitare de Marc sur &laquo;&nbsp;7&nbsp;&raquo;. C'est même lui qui aura la dernière note sur la dernière chanson de &laquo;&nbsp;7&nbsp;&raquo; <em>Pourquoi je chante encore</em>. </p>
  <p><em>Pourquoi je chante encore</em>, une des premières de la suite de nouvelles chansons que j'ai écrites pour &laquo;&nbsp;7&nbsp;&raquo;, était pour moi une façon de m'expliquer ce qui m'arrivait à ce moment-là précis de ma vie. Je suis allée en Gaspésie uniquement pour l'écrire. J'avais besoin de l'océan. J'avais besoin de voir loin. </p>

]]></description>
		</item>
		
	    <item>
			<title>Épisode 10 : Promesses de liberté</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/blogue_10.html</link>
			<guid isPermaLink="true">http://www.genevieveparis.com/blogue_10.html</guid>
			
			<pubDate>Wed, 06 Mar 2013 04:30:21 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <p>Janvier 2012 - Depuis quelques semaines, j'ai repris du poil de la bête, et par le fait même, de la plume de l'encrier. Adaptation libre de l'expression. Un routier reprendra du kilomètre de la route. Il me manque une chanson pour clore &laquo;&nbsp;7&nbsp;&raquo;, alors ce retour de plume est bienvenu. J'ai comme un début de chanson qui s'accroche depuis quelques semaines, et ce bien malgré moi, je dois dire. Vous connaissez ce sentiment, quand on a une chanson dans la tête, et bien imaginez ce qu'une auteure vit quand  il s'agit de sa propre création et de deux lignes qui tournent en boucle &laquo;&nbsp;Il est où l'amour, celui qui rime avec au secours, lalala...&nbsp;&raquo;. J'ai bien essayé de développer, mais cette chanson minaude - littéralement. </p>
			<img src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/bleu0cean_sm.jpg" width="360" height="240" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size:11px; text-align:left">Bleu océan | Google</span><br /> 
			<!--Start story-->
         <p>Il est des chansons comme des gens. Chaque chanson a son propre caractère. Il y en a de très discrètes, il y en a de très généreuses, et il y en a certaines tout à fait insupportables. Celle-ci fait partie de la dernière catégorie. Genre : &laquo;&nbsp;oh je n'sais pas moi, je ne suis qu'une chanson (sic), et pas finie en plus... Non, pas ce couplet, c'est trop sérieux, et non, pas celui-là non plus, c'est trop léger, et je ne sais même pas si on ne devrait pas changer le refrain au complet... etc.&nbsp;&raquo; Je pense à Gandhi avec admiration.</p>
  <p style="clear:both;">Ce début de chanson est né à Trois-Rivières, pendant un test de son au Zénob, en préparation du petit spectacle donné pour l'anniversaire de Réjean Bonenfant. Je n'ai pas fait cas de ces quelques lignes, je les aurais oubliées si elles ne s'étaient pas accrochées. &laquo;&nbsp;S'il-te-plaît, écris-nous!&nbsp;&raquo; J'aurais dû m'en douter.</p>
  <p style="clear:both">Je pars visiter ma famille à Paris demain. Marc Pérusse, lui, part au Mexique, et tout de suite en revenant, on entre en studio pour enregistrer ce nouvel album. On a rien préparé vraiment, J'ai confiance en Marc et je sais ce que j'ai à faire, c'était très clair depuis le début. Me concentrer sur l'écriture des textes et c'est tout. Ne pas imaginer d'arrangements, ne pas analyser les harmonies, simplement écrire. </p>
  <p>Ce voyage va me faire du bien. Je travaille presque tout le temps. Je suis au bureau de jour pour mes activités web, au bureau le soir pour le travail graphique et web pour <em>la chanteuse</em>, et la nuit ou ce qu'il reste comme temps, j'écris. En même temps, c'est très gratifiant. J'ai toujours voulu faire, alors là, vraiment, je fais. Et la création, l'écriture de textes, tout écrivain, tout auteur vous le dira, ça prend 110% du temps. </p>
  <p>Voir du monde qui m'aime va aussi me faire du bien. Ma famille est loin et je n'ai pas assez de temps pour voir mes amis. C'est une route bien solitaire que la mienne en ce moment. Je le dis dans une de mes nouvelles chansons. D'ailleurs, tenez-vous le pour dit, tout ce que je raconte dans mes chansons est vrai. Pas toujours vrai <em>maintenant</em> mais vrai <em>à un moment donné</em>. Et bon, que ce soit vraiment vrai ou presque, je dois le vivre pour le dire. </p>
<p>Qu'on le veuille ou non, et même si je vis à Montréal depuis trente ans, quand je vais à Paris, je rentre chez moi. Je crois que tous les immigrés volontaires pensent ainsi. Arrivée à Paris, il fait gris. Je me faufile dans la rue où il y a un de ces marchés ambulants. Typique et touristique mais pas toujours bienvenu. Valise contre caddies. Décalage et étalage de poissons. Diesel et fromages. Je vais me coucher. J'ai gardé contact avec quelques amis ici que j'appelerai demain. La plupart ont quitté pour les montagnes ou autres pays plus accueillants, mais certains sont restés, les indéracinables. J'ai de longues amitiés. Mon amie d'enfance, ma soeur de coeur, on s'est connu à quatorze ans, elle est dans ses montagnes maintenant. J'ai quelques ami(e)s à Paris qui m'ont connue quand j'entrais dans la vingtaine. Tous témoins d'une autre existence, témoins tout court, allez. Promesses d'amitiés renouvelées, jamais menacées, mutuelle affection et grands rires. La suite des aventures de moi. Des fois je me demande s'ils ne me voient pas un peu comme un personnage de bédé... Alors c'est quoi le nouveau chapître, retour à chanson? C'est super! Raconte...</p>
  <p>Que ce soit vraiment vrai ou presque, je dois le vivre pour le dire. Ça fait partie de ce que j'appelle la <em>mise en condition</em> nécéssaire avant même de penser écrire quoi que ce soit. Mon frère lance son dernier bouquin &laquo;&nbsp;Au pays des kangourous&nbsp;&raquo; ce soir. Nous sommes assises dans cette salle du Quartier Latin où a lieu l'événement, maman pas peu fière dans son beau manteau, et moi, également fière, à ses côtés. Et il dit, en réponse à une question de journaliste&nbsp;: &laquo;&nbsp;quand on parle par la bouche d'un enfant, on doit être cet enfant&nbsp;&raquo; Exactement. Petite réception ensuite, moi au milieu d'une bonne trentaine d'écrivains, je nage en eaux connues et combien agréables, mon frère aussi, on parle, on échange des idées, des techniques, on monte des théories, et ma mère nous regarde évoluer avec un petit sourire en coin et me dit soudain&nbsp;: &laquo;&nbsp;Comme vous êtes mondains, quand même, tous les deux!&nbsp;&raquo; et bien oui maman, c'est bien possible, mon frère et moi, nous aimons le monde, comme on dit.</p>
  <p>Je suis depuis toujours sur un océan mouvementé. C'est la vie que j'ai décidé de vivre. Et depuis toujours je fluctue, sans trop <em>mergiturer</em> s'entend. C'est pour cela qu'il est difficile de prévoir sur quelle plage je m'echouerai cette fois-ci, et qu'il est difficile pour mes amis de me suivre la plupart du temps. Mais qu'est-ce que c'est beau ce que je vois de ma barque! C'est pour cela que j'écris. Je ne peux décemment pas garder tout cela pour moi. Vraiment je vous dis, ce n'est pas navigable tous les jours, mais ça vaut cent fois la peine. Les couleurs, le vert, le bleu et le gris indissociables, le sel et l'eau, les ressacs et les promesses de liberté à l'infini.</p>

]]></description>
		</item>
		<item>
			<title>Écrire relève de la magie</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/article_memoire.html</link>
			<guid isPermaLink="true">http://www.genevieveparis.com/article_ecrire_magie.html</guid>
			<pubDate>Mon, 25 Feb 2013 05:30:21 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <p>Commencer un nouveau roman revient à s'enfoncer dans la forêt de Brocéliande. Je parle bien sûr de celle où se déroulent de nombreux récits mettant en scène Merlin, les fées Morgane et Viviane, ainsi que certains chevaliers de la table ronde. Et si l'auteur que je suis s'éloigne du mythe, la forêt en question n'en demeure pas moins magique. </p>
			<img src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/gilles_paris_medium.jpg" width="360" height="239" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size:11px; text-align:left">Gilles Paris | Photo © Jean-Philippe Baltel</span><br /> 
			<!--Start story-->
         <p>Je me perds parfois dans cette forêt, hantée par mes obsessions d'écrivain. Je reviens en arrière. En lisant un passage à voix haute, je ressens une émotion apaisante. Ou une hésitation qui me fait tout recommencer. J'appelle les fées, les elfes, pour un souffle d'inspiration sur un mot qui tarde à venir. Je trébuche sur des racines, trop rêveur. J'essaye d'apercevoir le ciel à travers les branches des arbres. Ce ciel que j'imagine sans nuages, un ciel bleu, uni, comme je les aime. Je respire la mousse, les feuilles, les fleurs de chaque mot, de chaque adjectif que je choisis comme s'il s'imposait à moi. Je m'allonge sur un tapis de feuilles blanches et je les noircis sans réfléchir. Écrire relève de la magie, j'en suis certain. Je n'ai pas peur des pages blanches depuis qu'un écrivain italien m'a dit «&nbsp;pour un écrivain, une page blanche n'a ni largeur, ni longueur. Juste une profondeur dont on fait surgir personnages et histoires&nbsp;». C'est si vrai. Même si j'efface, copie-colle, ou rature, mes pages se tournent les unes après les autres jusqu'au mot final. Et au mot final, je recommence encore.</p>
<p>J'imprime le roman, car l'écran trop lisse d'un ordinateur ne m'inspire pas pour relire. J'écris en marge, je surligne des phrases dans différentes couleurs pour vérifier ensuite l'exactitude des lieux, du choix des prénoms, des noms de famille. Pour ces derniers, je choisis souvent ceux des gens que j'aime. C'est plus fort qu'une dédicace. Quand je les invente, je vérifie dans les pages jaunes. Ce gros bottin prend de la place mais sert au moins à quelque chose. Je reprends tout depuis le début, je traque la phrase bancale, la virgule mal placée, le mot de trop, ou un autre plus banal que j'essaye de rendre plus poétique. Je fouette le paragraphe pour qu'il reparte au galop. J'écoute Perry Blake en boucle pour rendre un passage plus triste, quitte à verser une larme. Si je pleure, je pourrai alors peut-être partager ma tristesse avec ceux qui me liront. Tout comme je monte le volume des Black Eyes Peas ou de George Michael pour donner du rythme à des phrases trop sages. Mais seul le silence apaise la relecture, à défaut le son de ma voix qui lit inlassablement des passages du roman sur lesquels je ne suis pas vraiment satisfait. Je m'arrête sur un mot, une respiration absente, un adjectif trop banal. </p>
<p>À ce jour, une fois publié, je n'ai jamais relu aucun des trois romans comme si je les connaissais par cœur. Il s'agit bien du cœur en effet, car je préfère tous mes romans. Demanderait-on à une mère lequel de ses trois enfants elle chérit le plus&nbsp;? Le prochain, <em>L'été des lucioles</em>, paraîtra en janvier 2014 chez l'éditeur Héloïse d'Ormesson. Je dois le rendre avant l'été. J'ai quitté la forêt de Brocéliande et je longe maintenant des chemins bordés de cyprès avec au loin la mer immense qui rejoint le ciel sur sa ligne d'horizon. J'ai hâte d'arriver au week-end où je vais pouvoir enfin revenir sur les corrections. La semaine, mon métier de communicant m'accapare trop. C'est une ligne droite, un peu sage, qui me mène vers l'éditeur. Une accalmie avant tout le reste. Et peut-être le moment que je préfère. Être arrivé presque au bout de ce chemin et avoir donné l'essence de mes émotions. L'essence, pour ne jamais dire le meilleur de soi-même. Qui oserait&nbsp;?</p>
<p><br />
  Gilles Paris<br />
  Dernier livre paru&nbsp;: <em><a href="http://www.gillesparis.net/kangourous_presentation" target="_blank">Au pays des kangourous</a></em> Editions Don Quichotte</p>

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		</item>
		<item>
			<title>La mémoire</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/article_memoire.html</link>
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			<pubDate>Mon, 28 Jan 2013 09:00:21 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <p>Je mets presque toujours mes clés au même endroit. Le problème est dans le <em>presque</em>. Ce qui est intéressant, c'est que je ne les mets jamais dans mon sac à main, et que c'est toujours le premier endroit où je vais regarder quand je les cherche. Si je me sers de ma tête pour chercher mes clés, je ne les retrouverais probablement pas. Ce n'est pas vraiment de sa faute, la tête n'a pas de vraie mémoire. À ce niveau, vraiment, la tête peut aller se rhabiller.</p>
			<img src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/david_dimichele_rods.jpg" width="360" height="236" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size:11px; text-align:left">Lightrods © <a href="http://www.daviddimichele.com/" target="_blank">David DiMichele</a></span><br /> 
			<!--Start story-->
         <p>La tête catalogue. Comme tout bon disque dur, elle range des données dans des dossiers eux-mêmes classés dans des catégories, et elle accède aux informations requises par des chemins tracés d'avance, pas forcément valides et certainement plus à jour, bref elle ne fait pas grand-chose, ce qui l'arrange. Mon problème avec mes clés, c'est qu'elles sont classées depuis des années dans le dossier &quot;sac à main&quot; et qu'il sera très difficile de modifier cette information erronée. Il est possible que je les aie mises là un jour, et que ce jour, ma tête cataloguait le dossier &quot;sac à main&quot;, ou encore elle a entendu qu'en général les clés se mettent dans les sacs à main, bref, il n'y a pas grand-chose à faire maintenant. Il ne me reste qu'à m'estimer chanceuse que ce jour-là ma tête n'était pas en train de cataloguer la poubelle et autres dossiers reliés.</p>
<p>Ce qui est pénible pour notre tête, c'est d'avoir à créer du nouveau. Une nouvelle catégorie, de nouveaux dossiers, et surtout créer tous les chemins et relations entre eux et leur contenu. Si elle peut éviter ça, par associations par exemple, notre tête le fera certainement. J'avais entendu une émission sur des exercices pour tester notre mémoire à la radio. On vous lit une liste d'une vingtaine de mots : glaçon, hiver, neige, frigidaire, igloo, etc., on vous prévient que dans dix minutes on vous posera des questions sur les mots de cette liste. Dix minutes plus tard, quand on vous demande si le mot <em>froid</em> était dans la liste, vous direz probablement oui, et vous aurez tort. Même si tous ces items avaient trait au froid, le mot <em>froid</em> n'était pas dans la liste. Votre tête à vu deux possibilités à la lecture de la liste. Soit elle créait un nouveau dossier avec une vingtaine d'items, et cataloguait chacun d'entre eux, ou bien elle rangeait la vingtaine de mots pêle-mêle dans le dossier  &laquo;&nbsp;Froid&nbsp;&raquo; et pouvait aller se recoucher. Au mieux, elle aura hésité.</p>
<p>Je me suis rendu compte de cela il y a quelques années, Le cerveau est paresseux. Je me dirigeais alors vers un nouveau métier, la programmation. J'ai décidé d'apprendre à parler d'autres languages, informatiques cette fois-ci, et apprendre tout des fonctions et des variables, alors que rien ne m'y prédestinait, que ce soit mes études en littérature et langues étrangères ou mon autre métier, la chanson. Il n'y avait aucune catégorie préexistante, aucun lien, aucune association possible. La seule solution était de créer du nouveau. Ça a pris des mois avant que ma tête délaisse le <em>play/pause</em> et se mette sur <em>record</em>. Avant qu'elle s'avoue vaincue et se décide à créer tout un nouveau monde de données. Et attention, je devais être vigilante. À la moindre occasion,  &laquo;&nbsp;Javascript c'est un peu comme de la poésie, non?&nbsp;&raquo; il fallait que j'insiste&nbsp;: &laquo;&nbsp;Non, ça n'a rien à voir, bel essai, mais aucune association possible, il faudra créer une nouvelle catégorie&nbsp;&raquo;. Je me souviens du manuel de 400 pages. J'avais de la fumée qui me sortait par les oreilles. La première fois que l'ai lu, de façon linéaire, je comprenais environ 10% de ce qui était dit. Je l'ai lu ainsi quatre fois, du début jusqu'à la fin, je mettais des post-it, je prennais des notes, ma tête cataloguait. À la fin de ces lectures, je comprenais environ 25% du contenu. Ce qui m'a alarmé le plus, c'est que je pensais être intellectuellement active. Je lisais, j'écoutais, j'écrivais, je créais. Ça n'a rien à voir. Au mieux, je créais de nouveaux chemins, ou mettais à jour les anciens, mais toujours avec de vieux dossiers, toujours dans les mêmes catégories. </p>
<p>La mémoire. Tout bon musicien en a besoin. Des tonnes de notes, des centaines de positions, des milliers d'intentions et interprétations distinctes. Tout bon musicien sait qu'il ne faut surtout pas demander à sa tête de se souvenir de quoi que ce soit. Et tout bon apprenti devrait en prendre note, si j'ose dire. C'est le corps, le spécialiste. Le corps se souvient, que ce soit du meilleur ou du pire, le corps a la capacité de se souvenir de tout. Je ne sais pas comment ça fonctionne, mais ce n'est certainement pas de la même façon que les essais pathétiques de nos têtes. Pas de catégories, pas de dossiers, une sorte de chaos organisé, si vous voulez. Que je vous raconte. Je me préparais il y a quelques mois, à enregistrer une chanson, &laquo;&nbsp;Déviation&nbsp;&raquo; que j'avais écrite en 78 et joué sur scène peut-être jusqu'à la fin des années 80. Je devais donc me rappeler de quelque chose d'assez ancien. Comme tout bon musicien, j'ai pris ma guitare et ai mis ma tête sur &laquo;&nbsp;off&nbsp;&raquo;. J'ai laissé mes doigts sur le manche se souvenir. Je pouvais deviner ce dont je ne me souvenais pas mais il y avait un passage plus difficile, original, spécifique à cette chanson, et mes doigts ont à peine hésité. Ce qui m'a vraiment blousé ce n'est pas que mes doigts se soient souvenu de tout, l'intention, les notes et les positions, c'est la vitesse à laquelle mon corps a retrouvé ces informations. Il n'y a eu presque pas de délai. Mes doigts ont retrouvé les notes au milieu de millions de notes de milliers de pièces musicales, et le tout sans essayer d'impliquer Javascript dans le procédé&nbsp;!</p>
<p>Ce qui me conduit à ceci, mettre sa tête sur &laquo;&nbsp;off&nbsp;&raquo;, un procédé bien connu des musiciens. C'est peut-être pour cela que les musiciens accomplis, même s'ils n'ont pas la vie facile, sont parmi les gens qui ont le plus de dispositions à être heureux, ou du moins être de bonne humeur, quoiqu'il leur arrive. Vous me voyez venir. Il est important, ne serait-ce que pour cette raison, d'apprendre à jouer d'un instrument de musique. Comme quoi je suis tout à fait capable de commencer à vous parler de mes clés pour finir par vous convaincre d'aller prendre un cours de guitare&nbsp;!</p>

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		</item>
		<item>
			<title>Les trois questions</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/article_trois_questions.html</link>
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			<pubDate>Mon, 14 Jan 2013 10:00:21 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <p>Dernièrement, je me retrouve avec plus de questions que de réponses. Les réponses n'ayant pas de rapport avec les questions, il sera clair que je vogue aux instruments, dans un brouillard dense. Une de ces questions est la suivante : qui suis-je? Une chanteuse? Non vraiment, je ne pense pas. Ou alors oui, mais pas que ça. Une musicienne? Une graphiste ou une programmeuse? ... Je ne me reconnais toujours pas.  Dans mon sens, dans mon sentiment intime, je suis une petite fille, seule, dans sa chambre avec ses jouets. Mes jouets coûtent plus cher maintenant, c'est tout. </p>
       <p>Qui suis-je...? Oui, d'accord, pas très original. Elle est tellement banalisée, cette question, qu'on n'ose même plus se la poser, et c'est dommage.  Pour essayer d'y répondre, je vais y aller par les quatre et quelques chemins que j'ai pris pour arriver ici et maintenant. C'est ma cause, ma faute et ma grâce.</p>
			<img src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small//espana_small.jpg" width="262" height="400" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size:11px; text-align:left">Salvator Dali, 1938, Espa&ntilde;a | Photo: Google</span><br /> 
			<!--Start story-->
         <p>Quand je dis ceci, je pense à ce tableau de Dali qui m'avait tant impressionnée. Être impressionnée par un un impressionniste c'est la moindre des choses. Il présentait une perspective avec point de fuite, standard, sauf que la perspective comparait la distance et le temps dans une même direction. Les objets et les gens les plus proches étaient plus neufs ou plus jeunes et devenaient plus vieux en s'éloignant. Tellement d'harmoniques possibles, tant d'associations, de vérités, toutes les qualités d'une &#339;uvre d'art majeure. </p>
  <p>Je ne l'ai pas retrouvée dans mes livres alors j'ai choisi, pour illustrer cette lettre, <em>España</em>, une toile de 1938, entre la guerre d'Espagne et la 2e guerre mondiale.</p>
  <p>Autant de vérités que de futurs possibles.</p>
  <p>D'où je viens? Mes grands-parents maternels travaillaient comme domestiques pour une famille italienne établie en France, à Senlis, dans l'Oise. Pendant la guerre, ma mère et ses parents était en zone libre, ils avaient des &#339;ufs, du lait, les produits de la ferme. Ma grand-mère paternelle était en zone occupée, mon grand-père paternel, on ne sait pas trop et mon père mangeait des racines. Les familles françaises ont été désunies et partagées en deux zones, l'une occupée, l'autre libre, et une immense tranchée au milieu. Ma génération n'a pas connu les horreurs de la guerre, mais elle a été élevée avec son ombre géante. </p>
  <p>Ma mère m'a appris bien des choses. Écrire, lire, compter. Mon père m'a appris à être libre, si je résume. On n'a jamais vraiment<em> parlé </em>de ce passé, cependant. J'ai appris très jeune que toute vérité n'est pas bonne à dire, et qu'il y a des questions que l'on ne pose pas. Si on est curieux, on doit alors avoir la patience d'attendre qu'on nous demande d'écouter. Et si ça ne vient pas, tant pis. On ne doit certainement pas assouvir notre curiosité aux dépend du bien-être des êtres aimés.</p>
<p>Je me sentais alors tellement différente, tellement pas à ma place qu'à la première occasion, je suis partie. Et pourtant, maintenant, je sais que je viens de là-bas. Je viens d'eux. Mais, je ne sais toujours pas qui je suis. On est la somme de nos choix, oui, facile à dire et à comprendre. Tellement logique que probablement faux. La vie est tout sauf logique.</p>
  <p>Qu'est-ce que j'aime par-dessus tout? Je veux dire plus qu'être heureuse, plus qu'aimer et plus que la tarte aux poires, si c'est possible? J'aime apprendre. Bon, voici une affirmation. Voici une piste? Et pourquoi est-ce que je n'apprends pas tout le temps? Parce que pour apprendre, il faut comprendre, il faut prendre le temps de se poser des questions et tenter d'y répondre avec toutes les vérités de tous les futurs possibles. Et où vais-je avec tout ça? On verra bien! Ce n'est pas tant où l'on va qui importe, que par quel chemin on passe, je pense.</p>
  <p style="text-align:left">Je vous laisse sur un lien. Une toile de Dali disparue pendant la 2e guerre mondiale réapparait à Montréal ce mois-ci. Consultez ce lien :<br />
    <br />
    <a href="http://www.radio-canada.ca/sujet/visuel/2012/11/07/001-sujet-dali-la-verita.shtml" target="_blank"><em><strong>La verità</strong></em><strong> : Dali comme vous ne l'avez jamais vu</strong></a></p>

]]></description>
		</item>
		<item>
			<title>L'esprit des Fêtes</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/article_noel.html</link>
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			<pubDate>Mon, 17 Dec 2012 10:35:21 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <p>J'ai envie de vous parler de cadeaux. Je sais, il se trouve qu'on est à exactement une semaine de Noël. C'est pure coïncidence, je vous assure. </p>
			<img src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/arbre_noel_300.jpg" width="300" height="350" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size:11px; text-align:left">L'esprit des Fêtes | Photo: Google</span><br /> 
			<!--Start story-->
         <p>J'ai aussi envie de vous parler des dons, de ces talents qu'on reçoit, comme ça, cadeau. Il y a ceci avec les cadeaux, on le dit rarement, on le comprend furtivement, instinctivement, ils ne nous appartiennent pas. Il vous est sans doute arrivé de recevoir un cadeau, même bien intentionné, qui ne vous plaisait pas plus que ça... Cette écharpe de 3 mètres de long, rouge et bleue, tricotée avec amour et dieu sait quelle sorte de laine de dieu sait quel animal qui pique... Ce livre que vous avez déjà lu, ou peut-être même écrit sous un autre nom... notre première envie est de mettre ces cadeaux-là à la poubelle, mais on se retient parce que, justement, ils ne nous appartiennent pas, du moins pas entièrement. Alors, ils vont rejoindre leurs copains à la cave, dans le placard, d'où ils peuvent nous narguer à loisir.</p>
<p>Mais un don, ce n'est pas pareil? Je dis que si. On ne l'aurait pas forcément choisi nous-même. Et il y a toutes sortes de dons. Par exemple, parlons du petit Paul. Le petit Paul est doué en affaires. C'est un peu bizarre pour son âge. On n'imaginerait pas à ça de la part d'un gamin de 7 ans, mais c'est ainsi. C'est lui qui a proposé au professeur de se charger d'acheter les crayons pour sa classe. Le professeur est content. Une chose de moins à faire et petit Paul s'implique dans la communauté. Une bonne affaire pour tout de monde, surtout pour le petit Paul qui loue ses crayons aux autres gamins pour une fraction du coût d'achat, qui peut refuser? Paul a un talent. Il a un don. On ne sait pas vraiment qui lui a donné ce cadeau-là, vu que personne d'autre dans la famille... Enfin bon, c'est souvent ainsi les dons, personne d'autre dans la famille, et pourtant.</p>
<p>Personne ne t'a montré comment, pas d'exemple suivi ou de cours appris, rien du tout et toi, le doué, tu as tout compris sur le sujet avant même de l'aborder. Après, tu es pris avec. Mettre un don dans un placard ou à la cave, bonne chance! Avec le don, par opposition au cadeau, il n'y a pas de garantie, pas de politique de retour, rien de tout ça. Et de plus, tu as la responsabilité de l'exploiter, justement parce qu'il ne t'appartient pas. L'exploiter! Quelle blague! C'est le don qui t'exploite, en fait. Parce qu'il y a ça. Quand on est doué pour quelque chose, généralement, on aime ça. Alors on en mange, on dort et on se réveille avec, on ne vit que pour et par ce don. Au point où ce don finit par nous définir.</p>
<p>Le plus beau cadeau, la vie? Alors... si on suit ma logique, nos vies ne nous appartiennent pas? Exactement ce que je pense! Notez ici que ce que j'expose comme vérité vraie est seulement ma perception toute personnelle. J'adore monter des théories. Elles peuvent s'avérer fausses, pas grave, j'adore aussi changer d'avis. J'avais eu une discussion avec un bon ami à moi qui disait ceci : &laquo;&nbsp;On n'est redevable à personne de la vie qu'on a reçue. On n'est jamais redevable à vie (je résume).&nbsp;&raquo; </p>
<p>Je ne suis pas d'accord. Cela n'enlève absolument rien à notre amitié, nos conceptions opposées nourrissent uniquement nos conversations. Je me sens extrêmement redevable de la vie que j'ai reçue en cadeau. Je me sens encore plus redevable à tous ceux et celles qui m'ont aidé à la façonner telle qu'elle est maintenant. Cette vie que je n'aurais peut-être pas choisie, mais que je ne mettrais à la cave ou dans un placard pour rien au monde!</p>
<p>Sur ce, je vous souhaite à toutes et à tous de passer un heureux temps des fêtes. Honorez ceux et celles qui vous ont offert, ou vous offriront des cadeaux. Un peu d'amour en retour devrait suffire, amplement.</p>
]]></description>
		</item>
		<item>
			<title>Qui a le droit</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/article_rejean_kangourous.html</link>
			<guid isPermaLink="true">http://www.genevieveparis.com/article_rejean_kangourous.html</guid>
			<pubDate>Sun, 09 Dec 2012 16:35:21 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <p>C'est à cette chanson de Patrick Bruel que je pense en refermant, chère Geneviève, le troisième roman de ton frère Gilles intitulé <em>Au pays des kangourous</em>, publié il y a quelques mois chez Don Quichotte. A-t-on le droit de mentir à un enfant ?  surtout que l'on sait que les pires mensonges ne relèvent pas de ce que l'on dit de faux ou d'erroné, mais plutôt du silence, de ce que l'on devrait dire et que l'on tait. Tu dis dans ton dernier disque que <em>les chanteurs mentent</em>. Les personnages de roman aussi parfois.</p>
			<img src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/rejean_livre_gilles.jpg" width="360" height="260" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size:11px; text-align:left">Réjean Bonenfant et le livre de Gilles Paris | Photo Judith Cowan</span><br /> 
			<!--Start story-->
         <p>Je ne dévoilerai pas ici ce que le personnage principal, Paul, omet de dire à son fils Simon qui a neuf ans. Ce jeune Simon rêve de revoir sa mère qui s'est enfuie, pour travailler, au pays des kangourous. Il demeure avec son père qu'il trouve, un bon matin, caché dans le lave-vaisselle. Déjà, le ton du livre est donné. Paul, écrivain, vit des moments difficiles. Son fils Simon doit souvent être confié à la grand-mère maternelle qui s'en occupe admirablement.</p>
  <p>Celle-ci a de nombreuses amies très colorées, toute une galerie de femmes délurées qui ont un plaisir fou à se retrouver entre elles,  de vraies sorcières qui s'amusent à faire chanter ce qui reste de vie en elles et autour d'elles.  Le petit Paul ne s'ennuie jamais avec elles qui le distraient de la précarité de sa vie, surtout après que le père soit interné en psychiatrie pour dépression. </p>
  <p>Simon fait la rencontre, lors de l'une des visites à son père, de <em>l'évanescente Lily</em>, une petite fille qui sait tout de tout. On la croit autistique, mais c'est plutôt une petite soeur de Nadja, du roman éponyme d'André Breton  à laquelle le lecteur pense. Lentement, l'amour s'installe dans le cœur et dans l'esprit du jeune Simon. Celui-ci apprend à fermer les yeux, à rêver, à imaginer le monde autrement. Un jour, Lily sort de la vie du jeune garçon. C'est qu'il n'a plus besoin d'elle. Le rôle de Lily est terminé. Elle retourne alors à son monde de rêve, et lui à sa réalité.</p>
  <p>Lors d'une sortie de Paul de la clinique, alors qu'il est à la plage avec son fils, ils voient une femme et sa jeune fille non loin sur le sable. Ce sont les deux enfants, avec leur sens de l'immédiateté, qui vont fournir l'occasion au père esseulé et à la femme tout aussi esseulée, mère de la petite fille qui s'amuse dans le sable, de fraterniser, de rendre l'amour encore une fois possible. Et si un couple d'adultes se forme lentement, il y a aussi un couple d'enfants qui prend forme et qui dit oui à la vie.</p>
  <p>Le lecteur se retrouve dans la même dynamique que dans <em>la Désobéissance</em> d'Alberto Moravia où le jeune Luca, après avoir poussé la désobéissance à sa limite extrême et jonglé avec la mort, ressuscite suite aux révélations que lui apporte la vision, même lointaine, de la possibilité de l'amour. Eh oui, c'est aussi simple que ça parfois, la vie. L'amour sait encore et toujours la sauver.</p>
  <p><em>Au pays des kangourous</em> un fort beau roman sur la résilience, sans prêchi-prêcha.  C'est écrit dans une langue superbe, sans artifices, dans un style dont la beauté relève de la simplicité. Un style qui va de soi, qui coule de source, un peu comme à la sortie d'une représentation théâtrale, où l'on ne sait rien dire de l'éclairage tant il faisait partie d'un tout. Indissociable. Et l'histoire racontée n'est pas du tout banale, ce qui ajoute au plaisir de lire.</p>
  <p>Je me propose de lire ses deux romans antérieurs. J'y ai reconnu un écrivain de grand talent.</p>
  <p><br />
    Réjean BONENFANT, <br />
    romancier.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Lien vers la page web du livre : <br />
  <a href="http://www.gillesparis.net/kangourous_presentation" target="_blank">Gilles Paris | Au pays des kangourous</a></p>
]]></description>
		</item>
		<item>
			<title>La vie d'artiste</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/article_artistes.html</link>
			<guid isPermaLink="true">http://www.genevieveparis.com/article_artistes.html</guid>
			<pubDate>Mon, 03 Dec 2012 17:45:21 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <p>Le blogue, mon dernier terrain de jeux sans frontières. Bien sûr, c'est <em>mon</em> blogue, alors il y a beaucoup de &laquo;&nbsp;je&nbsp;&raquo;. Un &laquo;&nbsp;je&nbsp;&raquo; élargi. Mon terrain de &laquo;&nbsp;je&nbsp;&raquo; sans frontières finalement. Parce que je vous parle aussi en tant qu'artiste, et que d'une certaine façon, c'est une belle occasion de vous parler de <em>ma</em> vie d'artiste. Sylvie Tremblay vous a déjà parlé de sa vision dans son article <a href="http://www.genevieveparis.com/article_cigale_fourmi.html" target="_blank">&laquo;&nbsp;La cigale et la fourmi&nbsp;&raquo;.</a></p>
			<img src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/beaushowsalut_sm.jpg" width="300" height="233" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size:11px; text-align:left">&laquo;&nbsp;Le beau show (1987)&nbsp;&raquo; Spectacle bénéfice pour le<br />
  <em>Théâtre Expérimental des femmes</em>. De gauche à droite:<br />
  Marie-Claire Séguin, Michel Rivard, Richard Séguin, <br />
  Moi et  Sylvie Tremblay</span><br /> <!--Start story-->
         <p>Les artistes. Il y a à ce sujet beaucoup de mythes, de préconçu, de pas connu. Je ne vais rien démolir, mais je vais nuancer, de temps en temps, au fil des articles. Nous allons y réfléchir ensemble. Il y a un fond de vérité à la base des mythes. C'est qu'à force de circuler, de se répandre, ces « on-dit » se transforment jusqu'à devenir complètement faux, donc des mythes. Une parole, une rumeur, un mythe.</p>
  <p>Les artistes sont-ils des gens comme vous et moi? Enfin pas moi.. Bon vous m'avez comprise. Je peux affirmer que oui, nous sommes, les artistes, et ce jusqu'à preuve du contraire, des êtres humains. Des êtres particulièrement sensibles qui cultivent cette sensibilité plutôt que la réprimer. Métier oblige. Il doit y avoir un canal clair, un canal ouvert avec nos muses, l'inconscient collectif et l'inconscient privé (appelons-le Gérard). Les artistes créent et laissent en eux des brèches grandes ouvertes pour que la lumière entre. </p>
  <p>Les artistes sont de grands enfants. Bon, voilà « l'adulte à responsabilités qui s'exprime ». Ce que cette expression suggère - parce que ce n'est pas un compliment - c'est qu'être un enfant, ce n'est pas une bonne chose, c'est négatif, à la limite, c'est une tare. Si je peux suggérer quelque chose à mon tour, ne dîtes surtout pas ça en présence d'enfants. Ils vont certainement comprendre ce que ça veut dire et s'en offusquer. Mettez-vous à leur place un instant. « Les artistes sont de grands enfants. » Voyez comme une fois démasquée, cette expression ne veut plus rien dire, tout d'un coup. Et qui plus est, parlons-en, de responsabilités. En plus des responsabilités civiques et familiales normales, l'artiste est responsable de son art. Il a la responsabilité de l'entretenir, de le pousser aussi loin qu'il le peut. Il a aussi la responsabilité de ne pas dire trop de bêtises dans son blogue...</p>
  
  <p>L'artiste et sa place dans la société. Dans une société à saveur monarchique, comme dans beaucoup de vieux pays, l'artiste connu est noble et a donc tous les privilèges impartis à son statut. L'artiste inconnu peut aussi être noble dans ces sociétés, la noblesse n'étant pas relative au portefeuille, mais à la lignée.  Dans les sociétés de bâtisseurs, les sociétés de consommation galopante, l'artiste est inutile. Dans les sociétés despotiques, les oligarchies et autres dictatures, on les enferme ou autres moyens de les faire taire, cas réglé.</p>
  
  <p>Mon père, artiste lui aussi, m'avait dit ceci à titre éducatif : &laquo;&nbsp;Les artistes ne sont pas au-dessus de la société, pas en dessous non plus. Ils sont à côté&nbsp;&raquo;. Comme la marge qui tient la page. Je devais avoir quelque chose comme 14 ans quand il m'a dit ça, je n'avais donc pas tout de suite compris ce qu'il voulait dire exactement. Mais j'avais trouvé sa construction de phrase très jolie, bien balancée, très musicale. Quoiqu'il en soit, Gérard avait dû comprendre, lui, parce qu'il me la ressort souvent. Comme c'est l'artiste de la famille, ça avait dû le flatter quelque part. Gérard il est comme ça. J'ai compris un peu mieux, plus tard, quand j'ai commencé le métier. J'ai côtoyé de beaux exemples d'artistes au-dessus, et d'artistes en dessous, beaucoup plus rares sont ceux qui réussissent à se tenir à côté longtemps.</p>
  
  <p>Il y a une chose qui est fondamentale pour moi. Un état de fait qui me dérange beaucoup. Je trouve extrêmement dommage qu'on mette les artistes d'un bord et tous les autres... de l'autre bord avec un grand fossé entre les deux. Dans ma vision de l'art et des artistes, tout le monde est artiste. Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, mais jamais pas du tout. Artiste, c'est une qualité humaine. Et tout le monde devrait pratiquer un art. Le sport est bon pour le corps et la santé, d'accord, et comment entretenez-vous votre spiritualité? Quand on envoie de la musique dans l'espace, comme une sorte de carte d'identité pour d'éventuels extra-terrestres, on est tous artistes et fiers de l'être. Mon amie d'enfance est artiste quand elle me parle (elle déforme les expressions à sa guise), ma tante préférée du monde est artiste  quand elle fait la cuisine (divinement). Vous êtes artistes quand vous lisez ceci et que vous comprenez mon discours à des niveaux que je n'imagine pas, parce que c'est votre art à vous.</p>
  <p>Quand je disais &laquo;&nbsp;nous allons y réfléchir ensemble&nbsp;&raquo;, j'exprimais le désir d'ouvrir une discussion sur ce sujet. Que ce soit à la suite de cet article ou plus tard, parce que j'y reviendrai certainement. Si les rumeurs créent des mythes, elles peuvent aussi les détruire, tout simplement.</p>
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		</item>
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			<title>Épisode 9 : La lettre</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/blogue_9.html</link>
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			<pubDate>Mon, 26 Nov 2012 22:00:21 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <img src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/gene_guitstudio_sm.jpg" width="300" height="300" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size:11px; text-align:left">Geneviève Paris en studio | Photo : Sylvain Quesnel</span><br /> <!--Start story--><p>Vendredi 9 décembre 2011</p>
<p> À qui de droit,</p>
         <p>3 heures 25 du matin. Je ne dors pas. Il est tellement tard qu'il est très tôt, finalement. Je n'ai pas d'insomnie, pas de soucis. Je n'ai juste pas sommeil, ça arrive.</p>
  <p>Comment ça va? En général, bien. En particulier, pas du tout. J'ai la sérotonine à zéro, j'ai le blues à douze, j'ai envie de pleurer sur moi-même, envie de m'apitoyer sur mon sort jusqu'ad nauseam. Un coup parti, je peux bien pleurer pour toi aussi. Pour toi que j'aime et qui ne m'aimes pas, l'autre qui m'aime et que j'aime bien, ou n'aime plus, ou pas, ou toutes ces réponses, et je commence à manquer de virgules.</p>
  <p style="clear:both">J'ai de la peine pour mes amis que je n'ai pas le temps de voir. J'ai de la peine pour ma famille qui s'est habituée à mon absence. Pour toutes les fois où on se défile, pour cause d'être un adulte qui a des responsabilités, et pour toutes les excuses bidon qu'on se donne pour garder un minimum d'estime de soi. J'ai de la peine pour le petit monsieur qui vend ses crayons à la porte de la pharmacie, qui veut juste que quelqu'un lui parle un peu et que je n'ai pas vu depuis six mois.</p>
  <p>4 heures 22. Pourquoi tant de précision? À quoi ça sert quand le temps élastique me renvoie sans arrêt à l'autre bout de ma vie. Le petit bout de vie où tu étais, celui-là où je ne serai jamais plus. 4&nbsp;heures&nbsp;16. Euh... qu'est-ce qui vient d'arriver, là ? Le temps élastique a mal calculé son tir, ce coup-ci.</p>
  <p>6 heures 44. Je m'étire un peu. Je regarde dehors. Par le petit trou dans le mur, derrière les petits rideaux. Donnez-moi de la pluie, quelqu'un! De la pluie et de grands vents, si possible. Qu'au moins il se passe quelque chose. Quand on dit &laquo;&nbsp;Il fait beau&nbsp;&raquo; vraiment, je me marre, &laquo;&nbsp;Il&nbsp;&raquo; ne fait rien du tout. Quel ennui.</p>
  <p>Je fais de la prose morose, je fais de l'écriture instamatique&nbsp;&ndash;&nbsp;ce qui ne veut pas forcément dire que j'utilise des clichés, ça ne veut rien dire, ce n'est même pas un mot. Je t'ai vu venir de loin le soir où tu es partie. J'ai aussi vu l'avenir, gros comme une avalanche. J'ai vu le temps précis comme un couteau bien aiguisé... Ce soir-là.</p>
  <p>Samedi 10 décembre, 7 heures du mat. Je viens d'avoir une idée, je pense. La journée va être longue. </p>
  <p>Vous voyez, c'est ce que font les auteurs. Les auteures aussi. L'auteure est en train d'écrire une lettre d'amour à sa belle, ou même si ça se trouve, elle est en train de lui parler. Tout d'un coup au milieu d'une phrase, l'auteure va découvrir un filon. Une idée pour un poème ou un roman. À ce moment, l'auteure va nécessairement tout laisser en plan, la lettre, la belle, sa mère ou quiconque avec qui elle était en train de parler, et elle va aller travailler. À l'école on me disait souvent que je &laquo;&nbsp;sortais du sujet&nbsp;&raquo; dans mes dissertations. J'en ai fait un métier.</p>
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		</item>
		<item>
			<title>Épisode 8 : Vous ai-je déjà parlé de Gérard? La suite...</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/blogue_8.html</link>
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			<pubDate>Thu, 22 Nov 2012 17:00:21 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <p>Extrait de la première partie de « <a style="text-decoration:none; font-weight:bold;" href="http://www.genevieveparis.com/blogue_7.html">Vous ai-je déjà parlé de Gérard?</a> » <br />
           <em>[...] Gérard est très important pour moi. C'est mon pote, c'est mon grand ami, on est vraiment inséparables, en un mot comme en cent, Gérard c'est mon inconscient. [...]</em></p><br /><img src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/jparis006_sm.jpg" width="300" height="400" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size:11px; text-align:left">Le chemin | Peinture : Jacques Paris</span><br /> <!--Start story--><p>Je nous place. Nous sommes rendus à la fin du mois de novembre 2011. Depuis quelques semaines, je n'écris rien. Pas d'idées, pas d'inspiration et je commence à me dire que l'aventure va avoir une fin prématurée. Je commence à déprimer et Gérard aussi. Quand Gérard déprime, ce n'est vraiment pas drôle. Il va jusqu'à perdre son sens de l'humour, qu'il a pourtant très aiguisé. On pense, lui et moi mais surtout lui, qu'il faudrait écrire quelque chose sur ce deuil énorme qu'on n'a jamais réussi à faire. D'un commun accord, on commence les préparatifs. On liste quelques musiques qui nous mettent dans l'état approprié. Forcément des trucs tristes, les adagio en tête de liste, celui de Barber par exemple, très bon, et Chopin le concerto en Mi, parfait. Puis, on pleure ensemble, on se complait dans une sorte de marasme très affectif mais pas effectif, en tous cas, pas productif du tout. </p>
<p>C'est à ce moment que le département des plans de vie s'est manifesté. Il nous a pris par surprise un après-midi, Gérard et moi, alors qu'on écoutait « Avec le temps » de Ferré. Il nous dit de but en blanc : « Bon les amis, il va falloir se ressaisir un peu. D'habitude je ne m'en mêle pas, mais là vous me faites perdre du temps sur l'échéancier! » Même Gérard est surpris! Les inconscients aiment rarement se faire traiter comme des enfants pas sages, mais là, ça l'a complètement blousé, j'imagine qu'il ne s'attendait pas à cette sortie-là. Quant à moi, je me tourne vers Gérard: « Ah bon en plus on a un échéancier? Tu avais déjà laissé échapper qu'on avait un agenda, mais là j'apprends qu'on a un échéancier en plus? Vraiment les amis, faudrait apprendre à partager un peu plus! » Je ne suis pas contente. Gérard reste muet.</p>
<p>Ceci dit, je l'ai bien reconnue cette entité-là. Le département des plans de vie, celui qui sait où tu seras dans 5 ans mais le garde pour lui, celui qui trace ta route, ton chemin de vie, il est en amont de tout, il est en amont de tous. Ça faisait effectivement un sacré bail que je ne l'avais pas entendu! On était beaucoup plus proche quand j'étais petite. Puis, la vie... Bref, le résultat de cette intervention a été assez rapide et fantastique. Une fois la surprise passée, on s'est dit, Gérard et moi, que si ce département s'était manifesté, c'était que notre aventure avait une sacrée importance! Finalement, ça nous a regonflés à bloc, et on a sorti ce soir-là le texte de « Quelqu'un qui m'entende ». On est le 7 décembre 2011 et c'est reparti de plus belle!</p>
<p><em>La suite au prochain épisode</em>...</p>
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		</item>
		<item>
			<title>Épisode 7 : Vous ai-je déjà parlé de Gérard?</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/blogue_7.html</link>
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			<pubDate>Mon, 19 Nov 2012 20:00:21 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <p>Vous ai-je déjà parlé de Gérard? Un peu peut-être, ici et là. Gérard est très important pour moi. C'est mon pote, c'est mon grand ami, on est vraiment inséparable, en un mot comme en cent, Gérard c'est mon inconscient.</p><img src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/jparis007_sm.jpg" width="300" height="380" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size:11px; text-align:left">Ultime réincarnat | Peinture : Jacques Paris</span><br /> <!--Start story--><p>Il me semble qu'il est quand même important de bien s'entendre avec son inconscient. Gérard et moi, on s'entend comme deux larrons en foire! Il ne s'est pas toujours appelé Gérard, mais il s'est toujours appelé quelque chose. Quand j'étais très jeune, je l'appelais &laquo;&nbsp;Ma chance&nbsp;&raquo;.</p>
  <p>Ma chance me donnait à répétition de judicieux conseils. Par exemple, quand je sortais le soir, ma chance me prévenait toujours quand je devais rentrer à temps avant que mes parents ne s'en aperçoivent. Gérard a aussi beaucoup écrit pour moi, la nuit. Gérard travaille principalement la nuit. Je passais mes commandes le soir et le matin, Gérard me dictait ce qu'il avait écrit pour moi, puis il allait se coucher, j'imagine. </p>
<p>Gérard s'est toujours appelé quelque chose et il a toujours été derrière moi, un peu sur la droite. Il n'est pas tout seul dans mon équipe, ceci dit. C'est un membre important de mon CA&nbsp;&ndash;&nbsp;notez que je ne parle pas du <em>ÇA</em>, concept psychanalytique, mais bien du CA, Conseil d'Administration&nbsp;&ndash;&nbsp;mais ce n'est pas le seul. J'ai plusieurs départements.</p>
<p>Vous savez déjà que je suis une multinationale. J'ai donc un département à la langue et aux expressions et un département aux voyages. Je me souviens, quand j'ai pris (ou eu l'impression de prendre) la décision d'immigrer au Québec, je fuyais Paris. Je n'y étais pas heureuse. À mon arrivée à Montréal, le Département aux voyages et moi avons eu cette brève discussion : </p>
<p>Dép. V. &laquo;&nbsp;Il va falloir maintenant retourner à Paris.<br />
  Moi&nbsp;&mdash;&nbsp;Mais j'ai pas envie, je viens d'arriver!<br />
  Dép. V.&nbsp;&mdash;&nbsp;Il va falloir quand même, et souvent! C'est primordial.<br />
  Moi&nbsp;&mdash;&nbsp;Primordial à quoi?<br />
  Dép. V.&nbsp;&mdash;&nbsp;Il faut que tu retournes pour bien comprendre pourquoi tu pars.<br />
  Moi&nbsp;&mdash;&nbsp;En plus, ça coûte vachement cher l'avion! J'ai pas les moyens.<br />
  Dép. V.&nbsp;&mdash;&nbsp;Pour ça, faut que tu voies avec ton département aux dépenses.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Ceci dit, ils ont eu sacrément raison de me conseiller ça! J'ai fait bien attention à retourner au moins une fois l'an. L'avantage est que je ne me sens pas déracinée du tout maintenant. Le côté québécois et le côté français cohabitent assez bien en moi, heureusement.</p>
<p>Quand tu t'aperçois qu'ils ont raison plus souvent qu'autrement, tu finis par leur faire confiance. C'est important dans mon cas, parce que la différence entre mes départements et mon petit moi est énorme.</p>
<p>Le petit moi au milieu de tout ça est vraiment tout petit, timoré et d'une intelligence très relative. Il a peur de tout, les ascenseurs, les avions, et il n'aime pas descendre les escaliers. Il a le vertige sur une chaise et panique dans les manèges pour enfants. Niveau c&oelig;ur, il est tout à fait fleur bleue et hyper crédule. Mes départements me font faire de la haute voltige, me font prendre des décisions importantes et paradoxales, et ce, bien souvent sans préavis.</p>
<p>Je vous parle de tout ça maintenant, parce qu'on est rendu fin novembre 2011 dans mon histoire &laquo;&nbsp;De juin 2011 à juin 2012&nbsp;&raquo;, et qu'un de mes départements dont je n'avais pas entendu parler depuis longtemps s'est manifesté à ce moment précis.</p>
<p><em>La suite au prochain épisode</em>...</p>
]]></description>
		</item>
		<item>
			<title>Notre-Dame de Paris</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/article_notre-dame.html</link>
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			<pubDate>Mon, 12 Nov 2012 16:00:21 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <img src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/notre_dame_de_paris_sm.jpg" width="360" height="236" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size:11px; text-align:left">Notre-Dame de Paris | Photo : Google</span><br /> <!--Start story--><p>Réjean Bonenfant mentionnait l'ouvrage de Victor Hugo, <em>Notre-Dame de Paris</em>, dans son article <a href="http://www.genevieveparis.com/article_mesgenevieve.html" target="_blank"><em>Mes&nbsp;Geneviève&nbsp;à&nbsp;moi</em></a>, en parlant de cette ville qui porte le même nom que moi. Il n'a que brièvement mentionné, sans doute par délicatesse, que la sainte patronne de Paris s'appelle Geneviève. Bref, s'appeler Geneviève Paris, c'est un peu comme s'appeler, je ne sais pas, Thérèse Lisieux ou Bernadette Lourdes. Il y a des noms comme ça, un peu lourds au niveau karmique. Bref, tu t'appelles comme ça, tu vas vivre ailleurs.</p>
  <p>Blague à part, quand j'étais jeune et parisienne, je passais souvent devant la cathédrale Notre-Dame. J'allais au lycée dans ce coin-là. Maintenant, chaque fois que je vais à Paris, je ne rate jamais une occasion d'aller lui dire un petit &laquo;&nbsp;bonjour&nbsp;&raquo;! En plus, juste derrière, il y a un bistrot très sympa où ils servent, en saison, la glace aux marrons glacés de chez Berthillon, divine malgré le pléonasme... mais là je m'égare.</p>
  <p>Quand j'ai lu l'article de Réjean, ça m'a rappelé une chanson que j'avais écrite il y a quelques années, mais que je n'ai jamais enregistrée, même si je l'ai interprétée quelques fois sur scène. Je vous présente donc ici le texte de ma version, tout personnelle, de &laquo;&nbsp;Notre&nbsp;Dame&nbsp;de&nbsp;Paris&nbsp;&raquo;.</p>
  <p style="clear:both">&nbsp;</p>

<strong>Notre-Dame de Paris<br />
    paroles et musique Geneviève Paris
  </strong><br />

    <p>C'est une belle journée mon amour<br />
      Le vent est frais, le ciel est clair,<br />
      C'est le mois le plus beau tu sais,<br />
      C'est le mois de Mai.<br />
      Quelques statues&nbsp; gargouillent<br />
      Les chimères s'agenouillent<br />
      Notre-Dame s'étire<br />
      Défiant les vents et les étoiles<br />
      Notre-Dame met les voiles.</p>
    <p>Côté cour les miracles<br />
      Côté jardin l'Éden<br />
      Ouvrez les tabernacles<br />
      Notre-Dame s'en va sur Seine</p>
    <p>Elle n'est ni mère ni vierge<br />
      Elle est navire et choisit son cap<br />
      Elle n'est ni mère ni vierge<br />
      Elle est navire et fluctuat<br />
      Et fluctuat nec mergitur<br />
      Vogue sans sombrer<br />
      Fluctuat nec mergitur<br />
      La tour St-Jacques s'prend pour un phare<br />
      Et les pigeons s'prennent pour des mouettes<br />
      Et les gens disent&nbsp;: <br />
      «&nbsp;tiens, c'est chouette! <br />
      Notre-Dame a largué les amarres » </p>

<p>Côté cour les miracles<br />
           Côté jardin l'Éden<br />
           Ouvrez les tabernacles<br />
           Notre-Dame s'en va sur Seine</p>
         <p>Voyez les ponts qui s'ouvrent<br />
           S'ouvrent grand devant elle<br />
           Voyez les ponts qui s'ouvrent<br />
           Qui s'ouvrent et s'émerveillent</p>
         <p>C'est la plus folle, c'est la plus belle<br />
C'est Notre-Dame la fière<br />
Le poids des ans l'a rendue légère<br />
Toute de dentelles de pierre<br />
Et fluctuat nec mergitur<br />
Vogue sans sombrer<br />
Fluctuat nec mergitur<br />
C'est Notre-Dame la fragile<br />
Notre-Dame la téméraire</p>
         <p>Côté cour les miracles<br />
           Côté jardin l'Éden<br />
           Ouvrez les tabernacles<br />
           Notre-Dame s'en va sur Seine</p>
         <p>C'est une belle journée mon amour<br />
           Le vent est frais, le ciel est clair,<br />
           Un jour ou l'autre<br />
           Nous irons prendre la mer. </p>
]]></description>
		</item>
		<item>
			<title>Épisode 6 : Le plus que grand</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/blogue_6.html</link>
			<guid isPermaLink="true">http://www.genevieveparis.com/blogue_6.html</guid>
			<pubDate>Mon, 5 Nov 2012 16:00:21 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <p>Qu'est-ce que je disais? Ah oui, je disais que le hasard n'est en fait qu'une conséquence. Et les coïncidences alors? Il me semble qu'il y en a pas mal plus que d'habitude en ce moment. Ou alors je les remarque plus que d'habitude.</p><img src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/genebureausm5.jpg" width="360" height="269" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size:11px; text-align:left">Au bureau | Photo : Monique de St. Croix</span><br /> <!--Start story--><p>Tout a commencé à la fin du siècle dernier. J'étais tranquille dans mon bureau. Je programmais sans doute un petit quelque chose, vu que j'y travaillais à cette époque, et que, quand je travaille sur quelque chose qui me plait, je ne fais que ça. C'est ce que m'expliquait mon copain Michael. Apparemment, je souffre d'une forme bénigne de TOC - Trouble Obsessif Compulsif. Il est toubib, il sait de quoi il parle. Bon, rien de cliniquement grave. Juste assez pour être capable de travailler 12 h par jour sans fatiguer. Je n'ai pas les mauvais côtés du trouble, tels se laver les mains quinze fois par jour ou tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de parler. Il m'expliquait l'autre jour que c'est à cause, ou plutôt grâce à ce trouble, que j'ai fait les huit années de Conservatoire en trois ans et que je suis devenue consultante en programmation après 2 ans de travail acharné. Je me sers donc de ce trouble pour gagner du temps sur ma vie.</p>
  <p>Je ne sais pas si c'est ça, si je souffre vraiment d'un trouble, mais quand j'aime, j'aime vraiment, complètement, démesurément. Et ça, c'est se mettre en constant danger. </p>
<p>Revenons en 1999. Je suis à mon bureau et soudain, je me lève en panique. Elle est là. À mes côtés, même si je suis seule dans la pièce. Et non seulement je ressens sa présence, mais en plus je ressens sa détresse. C'est vraiment soudain et vraiment troublant, en partie parce que j'étais absorbée dans un travail mathématique qui ne favorise pas vraiment les expériences extra-sensorielles. </p>
<p>Quand j'aime, je me perds. Je suis habituée à ça. Parce que quand j'écris, je me perds aussi. Cela arrive lorsque tu deviens un maillon dans une chaîne. Quand tu es une partie d'un tout pas mal plus grand que toi. Je ressens toutes les connexions. Et ce jour-là, la connexion était indéniable. Ça m'a littéralement bouleversée. Je précise ici, je ne crois en rien d'extra-ceci ou de para-cela, je suis une grande sceptique. La raison principale de ce scepticisme est que je m'estime bien trop petite pour appréhender le plus que grand.</p>
<p>C'est aussi à cette époque qu'ont commencé les rêves. En août de cette année-là, j'ai aussi décidé de ne plus consommer d'alcool. J'avais trop tendance à vouloir noyer mon chagrin. Il finit par apprendre à nager, le chagrin, vous voyez? Alors je devais trouver un autre moyen. De toute façon, à cette époque, je savais que je devais avoir toute ma lucidité.  Je m'apprêtais alors à changer de carrière. En plus j'aime beaucoup conduire, maintenant je suis le chauffeur attitré dans les fêtes, et ne me dites pas qu'on doit dire chauffeuse, causeuse d'accord mais pas chauffeuse, y a des limites. Ah bon on dit chauffeuse? pas de problème je trouverai un autre mot, conductrice me plait bien, et ce dans tous les sens du terme, je conduis et je transmets.</p>
  <p>Les coïncidences. Deux bons amis musiciens qui ne se connaissent pas et que je n'ai pas vus depuis au moins 10 ans m'envoient tous deux un message la semaine où je reprends l'écriture de chansons. Ils pensaient à moi, tout simplement. Une amie que je n'ai pas vue depuis 25 ans m'envoie un mot de sa campagne, à environ une heure de route de Montréal, et on se croise dans une épicerie montréalaise le soir même. En plus, je trouve ça parfaitement normal et naturel, et c'est comme ça depuis juin, je ne m'étonne plus de rien. </p>
<p>Dimanche dernier, il m'est arrivé quelque chose d'étrange. Je travaillais sur un texte récalcitrant&nbsp;-&nbsp;je sais maintenant que j'essayais de couper la pièce du puzzle pour qu'elle rentre, perte de temps&nbsp;-&nbsp;lorsque soudain, une chanson frappe à ma porte. Elle déclare qu'elle est finie, couplets, refrain, elle sait même qu'elle sera en La majeur. Elle me demande si elle peut se faire écrire maintenant, si ça ne dérange pas l'autre sur laquelle je travaille. Mes chansons sont polies! Je dis oui et <em>ça</em> commence. Une fois écrite, je la relis. Je suis très étonnée. Je ne savais pas que je pensais ça. Il est question d'un enfant que je n'ai pas eu. Je me rends compte que même si je n'ai pas écrit pendant des années, j'ai vécu et mon écriture a continué d'évoluer en parallèle. </p>
<p>Bon je file. Sylvie Tremblay&nbsp;-&nbsp;mon amie qui est venue à Montréal pour m'aider dans ce cheminement, entre autres&nbsp;-&nbsp;m'attend pour une répétition à Verdun. Elle m'a invité à chanter sur son spectacle avec Monique Fauteux au Gésu de Montréal. J'ai bien hâte de chanter mes petites dernières. C'est sur scène que les chansons s'incarnent. Et je suis prête à renaitre avec elles.</p>
]]></description>
		</item>
		<item>
			<title>La mémoire au présent</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/article_ppowers_memoire.html</link>
			<guid isPermaLink="true">http://www.genevieveparis.com/article_ppowers_memoire.html</guid>
			<pubDate>Mon, 29 Oct 2012 17:20:00 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[<img src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/patricia-powers_lessardsm.jpg" width="360" height="230" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--><br />   <span style="font-size:12px;">Patricia Powers | Photo : Stephane Lessard</span><br /> <!--Start story--> <p>Je suis une enfant de la Révolution Tranquille; un pur produit des années 60. Je suis née une année avant l'assassinat de John Kennedy, quelques années avant la crise d'Octobre, en même temps que les carrières de nos chansonniers, deux ans après l'élection du Premier Ministre Jean Lesage. Ma naissance s'inscrit dans un mouvement social où la parole des poètes se faisait pays, territoire, identité.</p>
  <p>Je porte en moi une langue belle et unique maintes fois honorée par celles et ceux qui la disent, l'écrivent et la chantent. Cette &laquo;&nbsp;langue de France aux accents d'Amérique&nbsp;&raquo;, comme le dit Michel Rivard. Une langue qui a traversé l'océan et qui, à force de travail, de résistance, de détermination s'est inscrite au c&#339;ur de chaque Québécoise et chaque Québécois.</p>
  <p>Une langue de mémoire collective. Notre devise &laquo;&nbsp;Je me souviens&nbsp;&raquo; nous rappelle sans cesse de cultiver notre mémoire, notre territoire réel et imaginaire. Entretenir notre mémoire c'est se ranger, aussi, du côté de la fierté. Appartenir à la fierté comme un devoir essentiel de protection, de sauvegarde, de descendance. Que retenons-nous de celles et ceux qui participent à la mémoire du peuple que nous sommes? Comment honorons-nous ces femmes, ces hommes qui nous ont chantés, nous ont mis en scène? Que faisons-nous de nos artistes et de leur univers chaque fois unique, chaque fois distinctif?</p>
  <p>Nous oublions. Nous passons à autre chose. Nous rangeons nos violons. Nous faisons souvent table rase de la mémoire, car nous croyons à tort que la mémoire fait partie du passé alors que la mémoire vivante rassemble en nous ce qui nous a façonnés, ce qui nous a construits.</p>
  <p>L'enfant-espoir que j'étais dans un Québec qui s'ouvrait à lui-même, mais aussi au reste du monde, l'adolescente qui chantait à tue-tête &laquo;&nbsp;C'est le début d'un temps nouveau&nbsp;&raquo;, la femme-adulte qui découvrait que les femmes en chansons au Québec étaient aussi, pour quelques-unes, des auteures-compositrices, cette enfant-ado-femme est triste. Déçue.</p>
  <p>Nous avons oublié nos artistes qui ont construit notre mémoire. Nous avons souvent oublié celles et ceux qui sont venus à notre rencontre, qui ont habité notre terre et qui ont uni leurs mots aux nôtres.</p>
  <p>Je pense à Stéphane Venne absent durant presque 20 ans de notre paysage chansonnier et qui, au début des années 2000, revenait au monde dans un Star Académie boudé et jugé par les pairs. Je pense à Jacques Michel, à Pauline Julien, à Sylvie Tremblay, à Monique Leyrac, je pense même parfois à Félix souvent inconnu de nos jeunes Québécois. Mais je pense aussi à toi Geneviève Paris. Toi que les auteurs Robert Giroux, Constance Havard et Rock Lapalme décrivent comme une chanteuse &laquo;&nbsp;à la voix profonde et grave&nbsp;&raquo; de qui le Québec &laquo;&nbsp;s'entiche&nbsp;&raquo; dans leur ouvrage <em>Le Guide de la chanson québécoise</em>. Toi qui partages la langue commune, toi qui proposes des musiques et des mots qui voyagent bien, qui s'inscrivent dans un imaginaire universel : celui de l'humain inscrit au c&oelig;ur du monde, au centre de l'âme.</p>
  <p>Dans ce septième album où tu affirmes que &laquo;&nbsp;L'indifférence tue&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Pourquoi je chante encore&nbsp;&raquo;, il y a cet espoir, cet élan &laquo;&nbsp;Ma route est solitaire/Mais c'est ainsi que j'avance/Mon impossible espérance&nbsp;&raquo;.</p>
  <p>Notre nation a semé en nous tous les possibles. Parmi ceux-ci : la mémoire vivante comme partenaire du présent. Une mémoire &laquo;&nbsp;espérante&nbsp;&raquo;. Comme celle que nous offrent nos artistes d'hier et d'aujourd'hui. Comme celle de Geneviève Paris.</p>
  <p>Pour que nos enfants et nos descendants s'abreuvent à notre fierté, il devient urgent d'entretenir, nous-mêmes, une fierté solidaire envers nos artistes et, ainsi, de reconnaître leur apport souverain à notre histoire et à notre demain.</p>
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		</item>
		<item>
			<title>Mes Geneviève à moi</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/article_mesgenevieve.html</link>
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			<pubDate>Mon, 22 Oct 2012 23:20:00 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[<img style="padding-bottom:5px;" src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/rejean_bonenfant_sm.jpg" width="360" height="270" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--><br />   <span style="font-size:12px;">Réjean Bonenfant | Photo : Fontaine Leriche</span><br /> <!--Start story--> <p>Il fait beau. Dehors aussi. Il me prend une petite envie à laquelle j'ai le goût de succomber. Faire le tour de mes Geneviève. Il est dommage que la graphie de Guenièvre, très moyen-âgeuse se soit perdue. Il me reste, pour me consoler, <em>Les branches du genévrier</em> de Nelligan qui m'assure une certaine légèreté de l'être.</p>
  <p>Il fait beau. Dehors aussi. Il me prend une petite envie à laquelle j'ai le goût de succomber. Faire le tour de mes Geneviève. Il est dommage que la graphie de Guenièvre, très moyenâgeuse se soit perdue. Il me reste, pour me consoler, <em>Les branches du genévrier</em> de Nelligan qui m'assure une certaine légèreté de l'être.</p>
  <p>Ma première Geneviève, j'avais treize ans. C'était une héroïne réelle d'un téléroman inventé par Germaine Guèvremont. Dans le Survenant, une vieille fille du nom d'Angélina Desmarais, ci-devant amoureuse folle du beau Survenant, néanmoins vieille fille et boiteuse, s'exerçait au mysticisme en lisant la vie édifiante de Geneviève de Brabant.  Quand j'ai vu ce livre  dans une librairie d'occasion quarante ans plus tard, je me le suis procuré.  Je n'y ai trouvé qu'ennui. Je comprenais mieux le célibat obligé d'Angélina Desmarais.</p>
  <p>Ma deuxième était de pierre. À Paris, en 1970, dans le Quartier latin, un long monument dédié à la patronne de Paris, sainte Geneviève. Je n'ai véritablement pas beaucoup d'affinités avec les saints. Encore moins avec les saintes. Elle m'a laissé de pierre.</p>
  <p>Ma troisième était irréelle, inventée, issue de l'imaginaire du poète Fernand Ouellette, cet écrivain à qui j'ai fait ma toute première dédicace en 1979. Moi qui connaissais son &oelig;uvre, imaginons un peu la bouffée d'orgueil qui me dévorait tout cru, que de faire une dédicace à un écrivain. Un vrai. J'ai tellement aimé son roman <em>Tu regardais intensément Geneviève</em> que je l'ai prêté une dizaine de fois à des amis. C'était une histoire d'amour extraordinaire, l'histoire d'un triangle amoureux dont la pointe est dirigée vers le haut. Ceux et celles qui connaissent l'&oelig;uvre de Fernand Ouellette comprendront. Je me suis excusé auprès de lui, plus tard, d'avoir nui à ce point au paiement de ses droits d'auteur. Fernand Ouellette, il pardonne tout.</p>
  <p>La prochaine de mes Geneviève, elle était poète. Je l'ai connue au Festival international de la poésie de Trois-Rivières. J'avais lu son recueil <em>l'Absent aigu</em>. Qui m'était rentré dedans. Geneviève Amyot.  Une soie. Un pur diamant. Elle m'enviait d'avoir connu Gatien Lapointe, le vrai Gatien Lapointe. Et sa voix chaleureuse, sa voix d'oreiller. Avec lui, tout devenait confidence. Quelques semaines avant sa mort, Gatien avait fait paraître un 33 tours. J'étais l'un des rares à en avoir une copie. J'y tenais comme à la prunelle de mon troisième &oelig;il. Je l'ai néanmoins prêté à Geneviève Amyot, l'autorisant à s'en faire une copie.&nbsp;&#8212;&nbsp;Je travaille vraiment contre les droits d'auteur des autres&nbsp;&#8212;&nbsp;. Elle me l'a rapporté au festival suivant. Au moment de quitter le Zénob après l'une de ses lectures, Geneviève m'a dit&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;je sais que tu ne riras pas de moi, moi la poète féministe, engagée. Mais je dois rentrer à l'hôtel, je sais que c'est à côté, l'auberge des Gouverneurs, mais j'ai peur. Peux-tu me reconduire à mon hôtel&nbsp;?&nbsp;&raquo;&nbsp;Bras dessus, bras dessous, je l'ai reconduit. Je ne connaissais pas la peur, mais je connaissais l'instinct de la peur. C'est la dernière fois que je l'ai vue. Elle a quitté notre réalité deux ans plus tard, en l'an deux mille. Ça fait douze ans que je m'ennuie d'elle.</p>
  <p>Ma cinquième, c'est ma meilleure. Geneviève Paris. Une pure merveille, qui vit dans la lumière, qui vit de la lumière. Connue par des amis communs&nbsp;&#8212;&nbsp;quelle drôle d'expression, ils ne sont pas communs du tout&nbsp;&#8212;&nbsp;ils sont plutôt extraordinaires. Est-ce Sylvie Tremblay, est-ce Patricia Powers&nbsp;? Un copain m'avait fait connaître cette chanteuse à la voix de tripes il y a une dizaine d'années en dupliquant, pour moi, l'un de ses disques.&nbsp;&#8212;&nbsp;Le lecteur conviendra ici que je ne suis pas le seul à travailler contre les droits d'auteur.&nbsp;&#8212;&nbsp;Je dois dire que j'ai toujours entretenu un lien d'affection assez intense avec Paris, avec la ville de Paris, depuis que j'ai lu, dans <em>Notre-Dame de Paris</em> de Victor Hugo que Paris est bon enfant. Son nom me convenait tout à fait.</p>
  <p>Et si Geneviève Amyot m'avait un jour envié d'avoir connu Gatien Lapointe, j'ai fait la même chose avec Geneviève Paris. Elle a côtoyé le vrai Julien Clerc, ce Julien Clerc qui a chanté, dans son costume de naissance, dans la comédie musicale <em>Hair</em>.  Elle a aussi connu le fabuleux Maxime Le Forestier dont j'ai quasiment été amoureux, à une certaine époque, quand il chantait <em>&laquo;&nbsp;Mon Frère&raquo;&nbsp;</em>. Il était obligé de s'inventer un frère pour être moins seul, pour lutter contre le fait de se sentir abandonné, alors que moi j'ai eu dix frères. Je le comprends un peu mieux maintenant, il ne m'en reste que trois. Mais je suis infiniment chanceux, Geneviève Paris n'en a qu'un seul. Mais, au moins, il invente sa vie, il est romancier.</p>
  <p>Il y a quelques mois, Geneviève Paris est venue chanter et éblouir tout le monde lors du lancement de mon dernier recueil de nouvelles. Puis, je suis allé au lancement de son septième CD, à Montréal, &laquo;&nbsp;7&nbsp;&raquo;.  Un CD de la maturité, le genre de CD que tu ne peux pas faire à vingt ans, ni à trente.  Un oui majuscule à la vie. De ce qu'elle devient, de ce qu'on en fait, de ce qu'on en attend. Une certaine légèreté de l'être.</p>
  <p>Il y a quelques semaines, Geneviève Paris était chez moi avec quelques amis poètes. Iconoclaste comme je le suis&nbsp;&#8212;&nbsp;le lecteur l'a déjà compris&nbsp;&#8212;&nbsp;je me suis permis d'offrir au poète français Sylvestre Clancier, le CD que Geneviève m'avait dédicacé à son lancement. Bonne princesse, Geneviève y est allée d'une deuxième dédicace à l'intention de Sylvestre qui est venu me reparler de la chose quelques jours plus tard. Il était ravi. Tes mots, Geneviève, après une virée au Québec, sont retournés en France. Nous, en plus de tes mots, nous t'avons toi. Et nous te garderons à jamais. </p>
  <p>Ma chère Geneviève Paris, quand tu m'apporteras le roman de ton frère, apporte-moi aussi un autre exemplaire de ton CD, je ne l'ai pas suffisamment écouté.  Et pour me faire pardonner mon irrespect des droits d'auteur, je vais t'en acheter une autre copie. </p>
  <p>Mon amitié, à jamais</p>
  <p>Réjean BONENFANT, <br />
    romancier.</p>
]]></description>
		</item>
		<item>
			<title>La Cigale et la Fourmi II</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/article_cigale_fourmi2.html</link>
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			<pubDate>Mon, 15 Oct 2012 23:00:00 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[<img style="padding-bottom:5px;" src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/sylvie_ballerine_sm.jpg" width="417" height="263" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--><br />  <span style="font-size:12px;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sylvie - 1964 | Photo Léo Photographe<br />
&nbsp;&nbsp;&nbsp;La Ballerine | Dessin :  McLeod</span><br /> <!--Start story--> <p>Hôtel de ville de Jonquière</p>
  <p>Voilà, c'est le début, et il n'y aura jamais de fin à ce moment.</p>
  <p>Nous avançons ma cousine Carmelle et moi. Chacune tenant dans une de ses mains une main de mon père.</p>
<p>L'homme aimé qui nous conduit vers la découverte. Il nous aime tant qu'il nous promet dans son silence, l'avenir, et nous permet de participer en même temps que lui à la découverte du monde. C'est précieux, c'est vivant, c'est long.</p>
</div>
  <p>Un escalier, une porte, c'est noir. Nous ne nous posons pas de questions. Nous y allons, il le désire et nous l'aimons. On n'y pense même pas, mais on sait le moment solennel. Alors, on y va!</p>
  <p style="clear:both;">Les marches sont hautes, longues, nombreuses, nous les montons. Puis, une porte, il fait noir, nous longeons des rangées de sièges sans trop les voir. Un corridor pour adulte, une odeur de secret, de protocole, de quelque chose que nous ne connaissons pas encore. Et soudain... c'est plus haut, une scène, un lieu silencieux. Nos mains se détachent de celles du père et je sais qu'à ce moment-là, alors que l'odeur du bois du plancher, celle de la poussière des rideaux sombres de cet antre municipal me met au monde. Je sais que je suis chez moi, tout simplement.</p>
  <p>Mon père ne m'a vue qu'une seule fois sur scène, je dansais et je n'aurais même pas dû y être. Mon numéro de danse s'était effectué pendant qu'il vérifiait son stationnement, mais Simone Murray Boivin, mon professeur de danse, me demanda d'aller improviser pendant un numéro parce que (je pense) la ballerine qui devait le faire n'était pas capable. Mon père est revenu dans la salle. Alors, il a pu apprécier mon... improvisation. Des années plus tard, ma mère m'avoua qu'il avait les larmes aux yeux. Bref, c'est la seule fois que mon père m'a vue sur une scène, ma mère a peut-être exagéré sa réaction pour me faire plaisir. Il n'a jamais su que j'ai hérité de sa sensibilité vocale. Il voulait que je sois danseuse.</p>
  <p>Ma cousine adorée Carmelle n'a jamais été la vétérinaire qu'elle aurait tellement aimé être, moi j'ai fait ce que j'ai pu. Nous avons perdu nos pères très jeunes. Je ne sais pas si elle se souvient de ce moment-là, quand nous montions les marches nous menant à notre premier cours de danse. Il est vrai que nous étions si jeunes, nous avions trois ans! Moi, je n'ai jamais oublié. J'ai téléphoné à Carmelle, elle s'en souvient.</p>
]]></description>
		</item>
		<item>
			<title>Épisode 5 : Il n'y a pas de hasard</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/blogue_5.html</link>
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			<pubDate>Wed, 10 Oct 2012 16:00:22 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <p>Montréal, fin août 2011. Je suis de retour de mon <em>road trip</em> depuis deux semaines. Les problèmes qu'on laisse derrière soi quand on part ne partent pas, eux. Ils attendent ton retour.</p>
         <p>J'ai une amie qui cherche pour moi un producteur pour financer l'album. Pas de nouvelles, rien, aucun retour d'appel, ou pour les plus polis, un refus catégorique. Bref, cette avenue commence à ressembler à un cul-de-sac. Mon amie est surprise, elle ne s'attendait pas à ça. Moi, pas. Je sais ce qu'il me reste à faire. Quelques téléphones à mon banquier, notaire, comptable et autres rendez-vous du genre. Si je sors tout, je pourrai y arriver. </p>
         <p>Il est vrai aussi que c'est un sacré avantage d'avoir le contrôle complet sur la production. Quand la rentabilité est un critère, l'artistique s'en ressent. Si je produis, je ferai le disque que je veux, pas celui que je peux. Quant aux risques... J'avais lu, je ne sais plus où, cette idée que je trouvais bien vraie&nbsp;: quand tu feras le bilan de ta vie plus tard, te souviendras-tu du montant que tu as amassé dans ton<strong> </strong>compte épargne ou de tes belles folies?</p>
         <p>Marc Pérusse est venu prendre un café à la maison ce matin. On ne s'était pas vus depuis longtemps, mais comme avec certains amis, c'est comme si on s'était vus la veille. Le fil n'a pas été coupé. Et comme d'habitude, on se comprend au quart de tour. Notre conversation&nbsp;:</p><img src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/gene_marc_sm.jpg" width="300" height="253" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size: 11px">Geneviève Paris et Marc Pérusse | Photo: G. Lavigne</span><br /> <!--Start story-->
<p>M &laquo;&nbsp;S'lut!<br />
    G - S'lut! On va faire un disque.<br />
    M - C'est une bonne idée!<br />
    G - Je suis guitariste et je l'assume.<br />
    M - (Gros sourire) Sans blague! Donc, basse, batterie...<br />
    G - ... toi et un autre guitariste?<br />
    M - Sylvain, oui, Justin et Dan.<br />
    G - Pas d'arrangements.<br />
    M - OK, on joue tous ensemble...<br />
    G - ...comme un groupe.<br />
    M - Oui, comme un band! Je te reviens avec les dates.<br />
    G - Combien de sucres dans ton café?&nbsp;&raquo;</p>
	<p>
  On va donc aborder l'enregistrement comme j'ai abordé l'écriture. Aucun exercice de style. Pas dans l'urgence, pas automatique, juste inspirée. La seule préparation étant de se mettre dans cet état magique ou l'inspiration vient naturellement. Ça a l'air simple dit comme ça, mais ça prend souvent des années avant d'être capable de faire «&nbsp;simple&nbsp;». Et ça prend une sacrée dose de compréhension du processus pour être capable de l'oublier. </p>
  <p>Je suis revenue de Gaspésie avec pas mal de chansons, ça et quelques idées jetées en vrac sur le cahier acheté en voyage. Les choses sont très claires maintenant. J'ai aussi un but précis&nbsp;: récupérer toutes ces parties de moi que j'avais délaissées. Reprendre la musique, quoique je ne l'aie jamais vraiment délaissée&nbsp;&ndash;&nbsp;elle vit en moi&nbsp;&ndash;, mais surtout reprendre l'écriture. Si le showbiz n'a pas l'air chaud à l'idée de mon retour, d'autres sont ravis par contre. </p>
  <p>Pendant des années, j'ai reçu des messages de gens que je ne connaissais pas, mais à qui, apparemment je manquais. Il y a eu aussi ce spectacle pour les 20 ans de l'émission <em>À propos</em>, celle de mon ami Jim Corcoran sur CBC. J'ai eu une ovation debout en entrant sur scène, j'ai reçu énormément d'amour ce jour-là. </p>
  <p>Je lui parlais l'autre jour, Jim sait qu'il est pour quelque chose dans mon retour à la chanson et il me regarde avec un grand sourire conspirateur! Je ne serais peut-être pas revenue à la chanson si je ne m'étais pas sentie désirée, attendue. J'ai un but et il est très beau! </p>
<p><strong>Autre chose, </strong></p>
  <p>Il y a toutes sortes de gens, et toutes sortes de plans de vie. Certains sont guidés par la peur et recherchent la stabilité, la sécurité à tout prix, feront des compromis dangereux pour une paye régulière, une vie régulière. D'autres sont guidés par l'ambition et marcheront sans problème sur la tête des autres pour grimper l'échelle de la réussite. D'autres sont guidés par les jeux de miroirs que la société leur envoie&nbsp;: la jeunesse, la beauté plastique, la minceur, etc. Que tu sois un adolescent ou un notable homosexuel dans un petit village ou tout le monde se connait ou presque et que tu te caches par peur d'être rejeté du clan, que tu recherches la reconnaissance, la sécurité ou l'approbation, ta vie est définie par le regard des autres. Il est très difficile de se définir par rapport à notre propre échelle de valeurs. Il est très difficile d'avoir une échelle différente de celle de la société dans laquelle on évolue. Bref, il est très difficile de rester soi-même. J'ai lu ceci il y a quelques mois dans une revue&nbsp;: «&nbsp;Rester toi-même dans un monde qui essaie constamment de faire de toi quelqu'un d'autre est le plus grand accomplissement.&nbsp;» J'abonde dans ce sens. </p>
  <p>Je suis guidée, je pense, par une vision romantique de la vie.<br />
    Je ne recherche pas le bonheur. Je cherche à accéder au foutu 90&nbsp;% de mes capacités auxquelles je n'ai pas accès. Je cherche à m'élever un peu au-dessus du niveau de la mer. Je préfère le beau geste au geste normal ou banal. Je recherche le spectaculaire, c'est vrai, appelons ça une déformation professionnelle. Je recherche l'authen<strong>ti</strong>cité donc l'originalité. Je respecte et j'entretiens mon unicité. Plus mon produit et mon approche seront uniques et originaux, plus ancré et plus fort sera mon message. Je cherche aussi où j'ai bien pu mettre mes clés, mais ça, c'est un autre dossier...</p>
<p><strong>Encore autre chose, </strong></p>
  <p>Tu apprends des choses formidables quand tu apprends à programmer. </p>
  <p>En fait, tu découvres un autre angle de vue sur les choses. Par exemple, tu apprends que le hasard est une équation, une formule très organisée, avec des variables et avec des résultats quantifiables. Rien à voir avec le chaos, le destin et autres nébuleuses. La phrase «&nbsp;je l'ai rencontré par hasard&nbsp;» prend une tout autre tournure. Le programmeur (ou la programmeuse) se demande quelle est la valeur statistique de cette rencontre. Habitez-vous dans la même ville? Vous connaissez-vous? À quelle fréquence vous promenez-vous dans ce quartier? </p>
<p>Bref tu apprends que le hasard n'est en fait ... qu'une conséquence!</p>
	
]]></description>
		</item>
		<item>
			<title>Épisode 4 : Le road trip, suite et fin</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/blogue_4.html</link>
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			<pubDate>Mon, 1 Oct 2012 16:00:22 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <p>Je vais pousser un peu plus loin aujourd'hui. Reprendre l'autoroute 20 en direction de... là bas. Je ne sais pas si je vais quelque part, ou si je fuis quelque chose. Derrière moi c'est connu, c'est confortable, quelqu'un m'attend. Devant moi, venant du fleuve, le brouillard se lève.  Je ne peux plus revenir en arrière. Je monte dans mon auto, je tourne la clef et je démarre.</p><img src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/perce-by-night_e_cote_sm.jpg" width="267" height="320" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size:11px; text-align:left">&laquo;&nbsp;Percé by night&nbsp;&raquo; &copy;&nbsp;<a href="http://www.etiennecote.info/?page_id=151" target="_blank">Etienne Côté</a> 2010</span><br /> <!--Start story--><p>L'autoroute achève à Rivière-du-Loup, j'enchaîne sur la route 132. L'eau du fleuve est salée maintenant et la route commence vraiment à être très belle. Je passe Le Bic et j'arrive à Rimouski. Le temps de poser mes affaires à l'hôtel et je sors. La première chose que l'on sent à Rimouski c'est l'océan. Ça aussi, ça me manquait terriblement.</p>
  <p>Pour tout ceux qui ne le savent pas, sans doute parce qu'ils n'y sont jamais allés, la Gaspésie est le plus beau pays du monde. Je parle ici de la Gaspésie sauvage. Je parle des criques, des anses, du parc, et des villes qui s'appellent Rivière au Renard, Cloridorme ou l'Anse-au-Griffon. Il y a certainement plein de Hobbits au parc Forillon, mais ils se cachent bien, c'est tout. Forillon, une beauté à la mesure de ce coin de pays... non, mieux, à la <em>démesure</em> de ce coin de pays, appelle le respect. Elle dérange et appaise en même temps. J'en ai tellement besoin.</p>
<p style="clear:both;">Je m'arrête acheter un cahier et je pars à la recherche d'une terrasse. J'ai pris une décision importante. J'ai décidé d'embrasser toutes les émotions qui se présentent. Les agréables et... les autres. C'est la seule façon pour moi de survivre. La seule façon pour moi de reprendre le contrôle de ma vie est de le perdre. C'est une promesse que je me fais. Je ne cacherai plus rien sous le tapis, plus de défenses, plus de bruit blanc. Allez-y, assaillez-moi, je peux en prendre. Je vous recevrai, je vous transformerai, je prendrai du trivial et du banal, puis j'essaierai d'en faire du beau. C'est mon métier après tout.</p>
<p>Il me reste un couplet à écrire sur &laquo;&nbsp;Pourquoi je chante encore&nbsp;&raquo;. Il est question de phare, de tourmente. Il est question d'y voir plus clair et de route en solitaire (à travers le brouillard qui flottait tout à l'heure sur la route, j'imagine). J'ai toujours écrit littéralement. Je décris ce que je vois, c'est tout. </p>
<p>On est au début du mois d'août 2011, je ne sais pas encore que je suis en train d'écrire un album, mais je commence à avoir des doutes. J'ai déjà remarqué que tout est bizarrement synchrone, que les coïncidences sont nombreuses. Les signes comme symboles diurnes d'un rêve éveillé sont toujours là, on se permet ou pas de les remarquer.</p>
<p>Paradoxalement, même si je fonce dans le brouillard, j'ai tout de même vaguement conscience d'avoir un agenda et un échéancier bien précis. Ça doit faire un sacré bail que je prépare tout ça sans m'en rendre compte. Il est temps pour moi de rentrer à Montréal. J'ai beaucoup à faire...</p>
]]></description>
		</item>
		<item>
			<title>La question et quelques réponses</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/article_reponses.html</link>
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			<pubDate>Mon, 24 Sep 2012 19:00:22 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <p>Comment ai-je pu arrêter la musique et l'écriture? Vous vous posez la question, je me la pose aussi. Je réfléchis, je me souviens, et j'essaie de comprendre. Je vous ferai part ici, de mes réflexions.</p><img src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/Contact_urbain_Lancement_360.jpg" width="360" height="240" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size:11px; text-align:left">Geneviève Paris lance « 7 » | Photo : © Simon Paradis</span><br /> <!--Start story--><p>Ce n'est pas la première fois que je prends un arrêt dans ma carrière. Souvent, dans les temps de grands changements, je ne parle pas, j'agis. Entre le quatrième album <em>Achevez&ndash;moi</em> (produit en France) et le disque <em>Miroirs</em> (produit au Québec), il y a eu un bon dix ans. Dix ans pendant lesquels, entre autres, j'ai immigré au Québec. Ma carrière suit ma vie comme elle peut, en quelque sorte, plutôt que le contraire. Cette fois-là, après la sortie de l'album <em>Sixième sens</em> en 96, j'ai tourné encore quelques années, puis j'ai tout arrêté. </p>
  <p style="clear:both;">Il y a donc environ dix ans, il y a eu un changement drastique de carrière. J'ai quitté la scène et appris un nouveau métier qui m'attirait. Contrairement à l'industrie du spectacle, ce métier était en pleine expansion, je parle ici de l'Internet. J'ai créé ma propre boîte de multimédia, je suis devenue infographiste et programmeuse, puis j'ai appris plein de nouvelles techniques. J'y trouvais de grandes satisfactions. Cette occupation me plaisait et elle me plaît encore. Comme dans mon métier d'auteure&ndash;compositrice&ndash;interprète, il s'agit d'une technique au service d'un art. Oui, j'avais de la peine, oui la musique et l'écriture me manquaient, oui je trouvais tout cela bien triste, mais je n'avais pas le choix. Quand la société va mal, elle ne s'occupe plus de ses artistes. Les artistes doivent donc se débrouiller comme ils le peuvent.</p>
  <p style="clear:both;">D'une certaine façon, beaucoup de choses ont contribué à cet arrêt, ce retrait de la scène musicale. Il m'est difficile de choisir LA raison première. Cependant, je sais et je peux dire qu'une des raisons majeures était que ma carrière musicale et lyrique n'avait aucun avenir dans les circonstances de l'époque. Je ne suis pas ce qu'on appelle une chanteuse populaire. Je ne rentre dans aucun moule. Loin de moi l'idée de faire quelques compromis que ce soit pour y rentrer.</p>
  <p style="clear:both;">Cette fois-ci, en 2011 lorsque j'ai repris l'écriture, j'ai dû attendre de pouvoir me produire pour réaliser cet album et d'avoir assez d'énergie pour porter ce projet à bien. Je n'ai eu absolument aucune aide et je n'en étais pas surprise. Si j'attendais après l'industrie ou le gouvernement, je pourrais attendre longtemps. </p>
  <p style="clear:both;">Je veux noter ici que je n'ai pas réalisé ce disque parce que j'avais un besoin égoïste de m'exprimer. Il y a beaucoup de choses bien plus plaisantes à faire que d'écrire une quinzaine de chansons, se ruiner dans la production et se battre pour que ça passe. J'ai réalisé cet album principalement par désir de partage. J'estimais qu'il était important que je partage avec vous ces chansons-là, comme j'estime qu'il est important que je partage cette histoire avec vous&nbsp;ici.</p></p>
]]></description>
		</item>
		<item>
			<title>Épisode 3 : Le road trip</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/blogue_3.html</link>
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			<pubDate>Mon, 17 Sep 2012 19:00:22 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <p>On est en juillet 2011. Il fait chaud à Montréal en juillet. J'étouffe. J'ai un vague souvenir de ce cours de géo où l'on nous expliquait le climat continental. En gros, deux saisons&nbsp;:&nbsp;chaud l'été et froid l'hiver. Moi, je viens des terres du milieu. Chez nous, c'est tempéré, en tout cas pour ce qui est du climat, ça l'est. Le climat n'exagère pas comme il le fait ici, il sait se tenir.</p><img src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/road_gaspe_small.jpg" width="360" height="270" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />   <span style="font-size:11px; text-align:left">Route 132 - Gaspésie | Photo : Google</span><br /> <!--Start story--><p>Bon, moi, il faut que je quitte Montréal, et ça presse. Tout est tellement exacerbé en ce moment, j'ai vraiment un sentiment très fort que je suis en train de sauver ma peau, ça sonne exagéré, je sais, c'est sans doute le climat qui déteint sur mes humeurs. OK, <em>road trip</em>!</p>
<p>Un des trucs qui me manque beaucoup de mon ancien métier, c'est clair, c'est la route. Les chanteurs ont vraiment un côté commis-voyageur. Je ne m'en rendais pas compte, mais trois mois sur douze je n'étais pas en ville. J'étais quelque part en Gaspésie ou ailleurs au Lac-Saint-Jean. Je me pensais citadine, béton et CO<sup>2</sup> et là, à la seule pensée d'un arbre, j'ai les larmes aux yeux. Je fais le plein, je mets la guitare dans le coffre et je prends la première autoroute qui se présente. Un sentiment très agréable de liberté s'installe tranquillement. Plus j'aligne les bornes et mieux je respire... </p>
<p>Je ne vous dis pas tout. Pas par timidité ou par réserve, regardez, même à moi-même je ne dis pas tout, alors! Disons que je n'étouffe pas uniquement à cause de la température. Il y a autre chose, j'y reviendrai plus tard. Maintenant, je roule. Et mes pensées aussi. J'attends la phrase qui reviendra. Je laisse mes pensées divaguer, je ne cherche pas, j'attends.</p>
<p>J'attends la phrase qui reviendra. Ça a toujours été ma façon d'écrire des chansons. Des phrases s'accrochent à moi. Pas obligé de les comprendre tout de suite et, surtout, pas obligé de développer. </p>
<p>Une couleur s'installe, un sentiment précis, puis une phrase arrive, je suis en train d'écrire. Je passe Québec, je continue vers la Gaspésie. Je veux sentir l'eau salée. Passé Trois-Pistoles, j'arrive à Saint-Jean-Port-Joli. Ça le fera. Je trouve une auberge face au fleuve. Et je commence. </p>
<p>La phrase s'accroche. OK, donc il y a quelque chose là. J'ai la mélodie et ce bloc du texte déjà, et l'une soutient l'un qui soutient l'autre. À partir de là, il me reste simplement à écrire jusqu'au point final. Enlever le superflu jusqu'à ce qu'il ne reste plus que ce que tu ne peux  pas enlever. Pourquoi je chante encore, c'est de cela que je parle. J'aimerais bien le savoir. J'espère que mon département à l'écriture va échapper quelque chose.</p>
<p>Depuis qu'Hélène Pednault a trouvé ce parallèle entre ma vie et mes textes, je suis toujours un peu à l'affût des phrases que j'échappe. En travaillant à la préface du bouquin de mes textes <em>Dessine-moi une chanson</em>, elle a fait l'exercice suivant&nbsp;: elle a placé ma bio à droite et mes textes à gauche. Et elle s'est aperçue que mes textes précédaient ma bio à plus ou moins un an d'écart. Si tu veux tout savoir, ou mieux me connaître... Justement.</p>
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		</item>
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			<title>Poète... vos papiers!</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/article_consulat.html</link>
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			<pubDate>Mon, 10 Sep 2012 17:00:00 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[ <p>Nous sommes en août et, sans faire de bruit, mon passeport français venait d'expirer. Je m'en vais chercher le site du Consulat sur le web pour voir la procédure.</p><img src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/paris_a_paris_small.jpg" width="240" height="312" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--><br /> <span style="font-size:11px; text-align:left">Geneviève à Paris | Photo : Carolyn Dooge</span><br /> <!--Start story--> <p>On s'entend, je monte des sites moi-même, je sais comment ça marche. Je sais qu'on ne double-clique pas sur un lien, surtout si c'est pour payer quelque chose en ligne, je sais aussi que tous les sites ne sont pas forcément compatibles avec tous les navigateurs et toutes les plateformes. </p>
  <p>J'arrive sur le site bleu, blanc et rouge, je dois être au bon endroit, je cherche les instructions pour renouveler un passeport. Après un bon quart d'heure, je vois qu'il faut que je change de navigateur. O.K., pas de problème, j'en ai plein. Je dois même avoir un PC quelque part au cas où. Je clique, je clique, je valide, je clique... et je tombe sur une page en anglais... J'ai dû me tromper, je recommence, je porte attention à ce que je fais et... une page en anglais encore. Au Québec, ça n'arriverait pas, mais en France, ça m'étonne à peine. Après une courte séance de méditation et un mantra sur la patience et ses vertus, j'y retourne et je vois qu'il faut prendre un rendez-vous et que les rendez-vous ne se prennent que par Internet. Bref, tu ne peux pas être Français à l'étranger si tu n'as pas accès à l'Internet? Ce fut confirmé après un court appel téléphonique où une machine me parlait pour ne rien dire. </p>

  <p>Bon, c'est un cas de plan B. Je vais carrément me pointer là-bas, au cas où j'aurais la chance de parler à une personne du genre humain... j'arriverai peut-être à obtenir un rendez-vous. Il va falloir se préparer, parce que le Consulat est ouvert seulement le matin et que, pour se garer dans le centre-ville, ce n'est pas toujours évident. Après avoir tourné autour un bon dix minutes, je trouve une place plus ou moins légale. Je monte au dixième étage, prends un numéro et regarde les Jeux olympiques à la télé en attendant qu'on m'appelle. </p>
  <p>À 11&nbsp;h du matin, j'arrive dans un bureau, j'explique mon cas. &laquo;&nbsp;Non, je n'ai pas réussi par Internet!&nbsp;&raquo;, dis-je. La préposée n'a pas l'air étonné, puis elle me dit, après consultation de quelques documents sur son ordi : &laquo;&nbsp;Nous n'avons plus de rendez-vous. Dommage! Vous seriez venue plus tôt ce matin, on en avait encore...&nbsp;&raquo; C'est merveilleux de voir comment à cet étage de l'immeuble du centre-ville de Montréal, il y a cet espace où l'on n'est définitivement plus au Québec, mais bien en France. Je marque une pause puis je dis : </p>
<img src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/consulat_building_small.jpg" width="340" height="270" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--><br /><span style="font-size:11px; text-align:left">L'immeuble du consulat | Photo : Google</span><br /><p><strong>G. </strong>&laquo;&nbsp;Bien. Alors on fait comment?<br />
           <strong>C.</strong>&nbsp;&#8212;&nbsp;Vous pouvez prendre rendez-vous via notre site internet<br />
           <strong>G.</strong>&nbsp;&#8212;&nbsp;Ça ne fonctionne pas.<br />
           <strong>C.</strong>&nbsp;&#8212;&nbsp;Je ne sais pas quoi vous dire<br />
           <strong>G.</strong>&nbsp;&#8212;&nbsp;vous aurez des rendez-vous quand?<br />
           <strong>C.</strong>&nbsp;&#8212;&nbsp;Je ne sais pas, ça dépend...<br />
           <strong>G.</strong>&nbsp;&#8212;&nbsp;Vous vous rendez compte que notre conversation est un peu surréaliste?<br />
           <strong>C.</strong>&nbsp;&#8212;&nbsp;...&nbsp;<br />
           <strong>G.</strong>&nbsp;&#8212;&nbsp;(sourire)<br />
           <strong>C.</strong>&nbsp;&#8212;&nbsp;Écoutez, laissez-moi vos coordonnées téléphoniques, on vous appellera quand il y aura un rendez-vous disponible, ça vous va?&nbsp;&raquo;</p>
  <p>Elle griffonne mon numéro sur le coin d'une feuille de papier, je salue et rentre chez moi, un peu dépitée. &laquo;&nbsp;On vous appellera...&nbsp;&raquo; Ce n'est pas la première fois que j'entends cette promesse vide. Quelle n'est pas ma surprise&nbsp;: trois jours plus tard, je reçois un coup de fil. Bon, excellent. Prise de rendez-vous faite&nbsp;: vendredi prochain à 11 heures du matin. </p>
  <p>J'y suis donc le vendredi&nbsp;: prise de photo, d'empreintes digitales, remplissage de formulaires et paiement. Vais-je avoir mon passeport? Non, ce serait trop simple. Il faudra prendre rendez-vous à nouveau!  Je tiens à mentionner ici qu'il n'en reste pas moins que tout ce beau monde au Consulat est néanmoins très sympathique! J'arrive à négocier qu'on m'appelle en personne plutôt que via leur site web. &laquo;&nbsp;Oui, il faudra revenir pour reprendre les empreintes digitales!, m'annonça une préposée au Consulat (je ne demande même pas pourquoi...).</p>
<p><strong>C.</strong>&nbsp;&laquo;&nbsp;Oui, il faudra revenir pour reprendre les empreintes digitales (je ne demande même pas pourquoi) ... ça peut prendre trois semaines avant d'avoir un rendez-vous.&nbsp;&raquo;</p>
  <p>Là, je sais où je suis, c'est pas la première fois que j'échange avec quelqu'un au Consulat, je sais que tout est négotiable, on n'est pas au Québec ici, on est en France :</p>
  <p><strong>G.</strong>&nbsp;&laquo;&nbsp;C'est le mieux que vous pouvez faire, trois semaines?</p>
  <p><strong>C.</strong>&nbsp;&#8212;&nbsp;Attendez un petit instant ... (consulte des choses sur son ordi)... on peut peut-être.. non... (en consulte d'autres) oui, je pourrais vous proposer 7 à 10 jours ouvrables!</p>
  <p><strong>G.</strong>&nbsp;&#8212;&nbsp;Excellent, merci bien!&nbsp;&raquo;<br />
  </p>
  <p>Une semaine plus tard, je suis retourné chercher mon passeport! C'est rendu que le portier me reconnaît et me salue avec un sourire maintenant. Il a fallu que je me prépare bien pour être à l'heure à ce dernier rendez-vous, parce que pour récupérer les passeports, c'est seulement l'après-midi. Comme c'est un vendredi, les heures d'ouverture sont encore moins flexibles (entre 14&nbsp;h et 15&nbsp;h&nbsp;30)!</p>
<p>Vendredi, c'est fait, je suis Française à nouveau. Reste à régler le dossier de mon autre nationalité&nbsp;: la canadienne, vu que je me suis fait voler ma carte de citoyenneté et que ce ne sera pas simple non plus. Là, il n'y a carrément pas d'adresse! J'y pense, pendant les quelque trois semaines que ce renouvellement a pris, je n'avais plus aucune preuve de citoyenneté, quelle qu'elle soit. Pourtant, j'existais bien, mais je ne pouvais juste pas le prouver. </p>
  

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			<title>La Cigale et la Fourmi</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/article_cigale_fourmi.html</link>
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			<pubDate>Mon, 03 Sep 2012 10:00:00 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[<p>Il y a quelques jours j'étais chez mon amie Cécile, femme informée s'il en est une,  qui me demanda ce que je pensais des débats concernant les élections. J'ai dû faire une moue pas très convaiquante alors elle me dit. Que voudrais-tu qu'ils fassent pour les artistes?</p><img style="padding-bottom:5px;" src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/small/sylvie_cover_small.jpg" width="350" height="230" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--><br />  <span style="font-size:12px;">Sylvie Tremblay et son frère McLeod Tremblay. <br />Photo : Véro Boncompagni</span><br /> <!--Start story--> <p>Je me suis entendu dire rapidement sans y penser ...  Bien!  on devrait assurer à tous les artistes, après un certain temps (mettons vingt cing ans) de bons et loyaux services,  une pension de 25 000 $ par année, ce qui leur permettrait de se loger, de communiquer et d'avoir le loisir de produire des spectacles ou des toiles, des livres, des disques ou des chorégraphies, de participer à des levées de fonds pour des causes charitables, de transmettre leur expérience en enseignant aux plus jeunes ,  bref ne serait-ce que (j'ai baissé ma pension) 10 000$  et ce sans imposition. </p>
  <p style="clear:both; padding-top:10px;">Mon amie Cécile est, comment dire, plutôt vindicative. Mes arguments n'étaient pas de taille à en juger par son air dubitatif, je parlai de Claude Léveillé, de Gilles Carle, de mon amie Hélène Pedneault,  auteure de la pièce <em>La Déposition</em>, pièce jouée et traduite  partout dans le monde, pour qui les amis ont réalisé  un spectacle bénéfice alors qu'elle était très malade afin de lui permettre de vivre les derniers moments de sa vie sans être obligée de travailler. Je lui parlai aussi de tous les artistes que je connais qui n'ont pas assez d'argent pour vivre décemment en travaillant  leur art car la nature même du travail de l'artiste exige que nous prenions des temps d'arrêt pour écrire, composer, peindre etc. Ce temps  n'est pas rémunéré et  un de nos créanciers pour ne pas le nommer le Gouvernement ne tient pas compte de cette réalité. </p>
  <p>À cinq ans je connaissais la fable de La Fontaine La Cigale et la Fourmi par c&oelig;ur. J'en comprenais déjà le sens et j'avais de la peine pour la cigale. Ma tante Yvonne a bien essayé de me faire changer d'idée quand je lui fis part de mon désir de chanter. Oui, mais comment vas-tu gagner ta vie? Mon ami Réal, à qui je dois beaucoup aussi, m'incitait à engranger. Je pourrais avoir ma maison aujourd'hui si je l'avais écouté, mais je n'aurais jamais pu produire tous les spectacles que j'ai produit.</p>
  <p>Pour revenir à notre pension je sais que c'est un v&oelig;u sans grande chance de réalisation, mais je me dis quand j'entends des amis artistes doués et découragés que ce serait vraiment bien. Et là on pourrait en faire des shows bénéfices et remettre notre cachet  pour la cause. </p>
<p>La vie va quand même bien. Je suis débrouillarde et je peux m'exprimer, c'est déjà ça! Je fais des spectacles encore et avec des gens que j'aime. Oui, il y a certaines fins de mois où la famille est plus qu'importante, je souris et je dis merci. C'est le prix du choix. Quand je suis partie à la fin de la soirée, Cécile, m'a dit.. reviens mon amie. Bien sûr ma belle amie, cinquante ans d'amitié entre une cigale et une fourmi ça n'a pas de prix!</p>
 
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			<title>Un dimanche après-midi chez Caval'Art</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/article_cavalart.html</link>
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			<pubDate>Sun, 26 Aug 2012 11:40:22 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[<p>Dimanche dernier, le 19 août, je suis allée faire un tour à Drummondville, à environ 1&nbsp;h&nbsp;30 de Montréal, pour voir mes amis se donner en spectacle. Un spectacle différent, où les vedettes ne sont ni les chanteurs, ni les comédiens, ni même les cavaliers, mais les chevaux.</p><img style="padding-bottom:5px;" src="http://www.genevieveparis.com/articles_imgs/cavalart_all.jpg" width="360" height="239" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />  <span style="font-size:12px;">Caval'Art, spectacle équestre (galerie de photos)</span><br /> <!--Start story--> <p> Je ne connais pas les chevaux plus que ça. J'ai dû monter 3 ou 4 fois dans ma vie au plus, il n'en reste pas moins que cet animal appelle le respect et l'admiration tout naturellement, comme c'est le cas avec tous les être magiques de la planète. Ils déclenchent des passions irreversibles. J'étais dimanche dernier avec des gens qui pour la plupart ont dédié leur vie au Cheval.</p>
  <p> Je ne ferai pas ici une revue du spectacle, ce n'est pas mon intention ni mon métier. Je voulais simplement en parler parce que j'ai passé une journée vraiment extraordinaire aux <a href="http://www.equinocks.net/" target="_blank">écuries Équinocks</a>. Il y avait définitivement un coté forain autour du spectacle lui-même, et la troubadour en moi était aux anges. Les animaux, les enfants, les musiciens et comédiens, tout ce beau monde unis par deux grandes passions, l'animal superbe et la grande fête du spectacle. Autour de la très belle histoire imaginée et mise en scène par Martin Sénéchal, assisté de Sylvie Tremblay, et sur la trame musicale et magique de Marie Philippe, les chevaux et leurs amoureux nous ont fait faire un très beau voyage. Et que ce court article soit ma façon de les remercier.</p>
]]></description>
		</item>
		<item>
			<title>Épisode 2 : Ça a commencé comme ça, puis l'environnement a suivi</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/blogue_2.html</link>
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			<pubDate>Sat, 18 Aug 2012 11:00:22 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[<img src="http://www.genevieveparis.com/divers/gene_taylor_crop320.jpg" width="320" height="320" alt="Cliquez pour agrandir" border="0" /><!--End photo--></a><br />  <span style="font-size:12px;">Geneviève et sa Taylor | Photo : Ann Boisvert</span><br /> <!--Start story--><br />Ça a commencé comme ça, puis l'environnement a suivi. J'ai un fauteuil de bureau. Dans mon autre métier, je suis presque tout le temps à l'ordi, que je programme ou que je web design, je suis assise en tailleur sur ce fauteuil, mon bras repose sur le bras droit du fauteuil de bureau et ma main droite sur la souris. Cette position est bonne pour le dos, bonne pour le poignet droit mais pas bonne du tout pour la guitare. C'est bête, mais tu ne peux pas jouer de la guitare sur un fauteuil à bras, ça tient pas.</p><p><br />Après moultes réflexions infructueuses, j'ai donc entrepris la reconversion (forme de destruction) du bras droit de mon fauteuil de bureau. Il tient maintenant sur une vis à peine vissée, il est amovible. Voilà, on est maintenant en juin et j'ai un fauteuil de bureau modulaire! Les choses progressent de façon exponentielle. Je dois avoir quelque chose comme 3 chansons d'écrites. Entendons-nous, ça n'arrive jamais, ou alors très rarement. Ça m'était arrivé à Londres lorsque j'écrivais ce qui allait être mon premier album, trois chansons en deux jours et une nuit, c'est pas mal le seul souvenir que j'ai de ce type de rush inspirationnel. Et quand je dis souvenir, ce qui est étrange, c'est que je me souviens de l'avant et de l'après, mais jamais du pendant. Ça pourrait bien être quelqu'un d'autre qui écrit pour moi, je ne m'en rendrais pas compte.</p>
]]></description>
		</item>
		<item>
			<title>Épisode 1 : En fait, fin mai 2011</title>
			<link>http://www.genevieveparis.com/blogue_1.html</link>
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			<pubDate>Fri, 17 Aug 2012 10:36:32 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[<img src="http://www.genevieveparis.com/divers/aurore.jpg" width="350" height="231" alt="" border="0" /><!--End photo--></a><br /> <span style="font-size:12px;">Beauté infinie | photo : <a style="color:#333" href="http://www.flickr.com/photos/beilertsen/" target="_blank">B-Eilertsen </a></span><!--Start story--><p><br /> En fait, fin mai 2011. Je me suis réveillée un beau matin, après un de ces rêves dérangeants, avec le coeur à fleur de peau. Ça m'arrive de temps en temps, généralement, après ces rêves, je suis à l'envers pendant 24h et ça passe. Pas cette fois-là. </p> <p>Bon, je vous entends les curieux, &laquo;&nbsp;c'était quoi ce rêve?&nbsp;&raquo;. On y reviendra plus tard...</p> <p style="clear:both">Bref, donc, le coeur à fleur de peau. Je vais essayer de décrire plus précisement ce sentiment que j'avais. C'est un peu comme si j'étais amoureuse, mais sans qu'il y ait vraiment d'objet du désir, si vous voyez ce que je veux dire... vous dites quoi? Oui c'est exactement ce que j'ai pensé, j'ai appelé une copine en lui demandant le #tél de sa thérapeute, pour qu'elle me réfère. Entre amis je ne pense pas que c'est une bonne idée de partager les thérapeutes, secret professionnel ou pas. </p> <p>Je me suis dit que je devais essayer de verbaliser pour moi aussi. J'ai donc ouvert un nouveau document Word, vu qu'on verbalise beaucoup comme ça à notre époque. Je pensais écrire quelque chose dans les lignes « Mon cher Journal.... aujourd'hui j'ai pensé ceci... » etc. À ma grande surprise, les premières phrases qui me sont venues étaient en forme de quatrain, 8 pieds par vers, avec un système de rimes a-b-b-a. Comme par réflexe, un rythme interne s'est imposé, et j'ai machinalement pris une guitare, sans penser deux secondes que ça faisait dix ans que je n'y avais pas touché.</p>
]]></description>
		</item>
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